
Le débat sur l'exploitation pétrolière en Guyane a pris une tournure décisive. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a confirmé que le gouvernement ne soutiendra pas la proposition de loi visant à forer du pétrole au large de la Guyane. Cette décision soulève des questions cruciales sur l'avenir énergétique et environnemental des territoires d'Outre-mer.
Lors d'une déclaration, Monique Barbut a affirmé que la non-approbation de cette loi est liée à la loi Hulot, qui a mis fin à la recherche d'hydrocarbures en France. Elle a souligné que contredire cette loi mettrait en péril la réputation internationale de la France. « Aller à l’encontre de cette décision aurait rendu notre position intenable », a-t-elle précisé.
Le sénateur guyanais Georges Patient, à l'origine de la proposition, estime que les territoires d'Outre-mer subissent les conséquences d'un dogmatisme écologique. Il soutient que la loi Hulot n'a pas réduit la consommation d'hydrocarbures, ni incité d'autres nations à abandonner leur production.
Georges Patient a souligné que l'échec de la loi Hulot est évident. « Nous observons de nouveaux producteurs comme le Guyana et le Sénégal », a-t-il déclaré. Il a également mentionné que d'autres pays comme le Danemark et la Grèce relancent leur production, tandis que la France reste figée dans son approche.
Monique Barbut, quant à elle, a rétorqué qu’aucun pays n'a amélioré le bien-être de sa population grâce au pétrole. Elle met en avant l'idée que l'exploitation des hydrocarbures ne garantit pas une richesse durable pour les Guyanais.
La question des réserves de brut en Guyane reste ouverte. Monique Barbut exprime des doutes sur l'existence de ressources exploitables. « Total a foré pendant dix ans et n’en a pas trouvé », a-t-elle insisté. Les préoccupations environnementales sont également au cœur du débat, notamment les risques pour les écosystèmes côtiers.
Le sénateur Vincent Louault a ajouté que la décision de Paris est perçue comme une imposition. Il a affirmé que les territoires ultramarins devraient avoir la liberté d'envisager leur propre développement sans entrave.
La proposition de loi sur l'exploitation pétrolière en Guyane soulève des tensions entre développement économique et préservation de l'environnement. Monique Barbut a réussi à obtenir le soutien de Matignon contre cette loi, affirmant que le gouvernement doit rester ferme sur sa position. La suite des événements au Sénat et à l'Assemblée nationale sera déterminante pour l'avenir énergétique de la Guyane.