
Il est essentiel de garantir la qualité de l’eau potable pour les 180 000 Parisiens. Une pétition, réunissant plus de 43 000 signatures, a été lancée en novembre 2025 pour s'opposer à un projet de forages pétroliers par Bridge Énergies à Nonville, en Seine-et-Marne. Le Tribunal administratif de Melun doit encore se prononcer sur cette affaire, ce qui crée une tension palpable.
Début février, dix-huit députés et sénateurs, ainsi que des élus locaux, ont envoyé une lettre ouverte au gouvernement. Ils demandent l'arrêt du projet de forages, soutenus par le collectif Stop pétrole Île-de-France. À Nonville, la préoccupation grandit face à la proximité des futurs puits avec les champs captants d'eau potable.
Les forages projetés se trouvent dans une zone de protection éloignée, mais les risques restent élevés. En effet, environ 180 000 Parisiens et 789 habitants de Villemer dépendent de cette eau. La situation a été exacerbée par un décret de 2023, accordant une extension de la concession pétrolière à Bridge Énergies.
Le président d’Eau de Paris, Dan Lert, a qualifié ce projet de « catastrophe écologique en puissance ». Il souligne les dangers potentiels des forages et de l'exploitation. Cette position est partagée par six associations environnementales qui soutiennent le recours contre le décret préfectoral autorisant les travaux.
Le Tribunal administratif a observé des insuffisances dans l'arrêté préfectoral, notamment concernant l'impact environnemental. Une étude incomplète a été pointée du doigt, en particulier sur les effets des vibrations sur les espaces protégés.
Bridge Énergies a soumis une réponse au tribunal, jugée insuffisante par Dan Lert. Il a noté que la rivière du Lunain, classée en zone Natura 2000, n'est pas prise en compte. De plus, les antécédents de déversements d'hydrocarbures n'ont pas été considérés dans l'étude.
Jean-François Dupont, de France Nature Environnement, s'interroge sur la viabilité financière de l'exploitant. Bridge Énergies a estimé les garanties financières à plus de 700 000 euros, ce qui soulève des doutes sur sa capacité à les provisionner, surtout après un exercice déficitaire.
Philippe Pont, le PDG de Bridge Énergies, défend la position de son entreprise. Il affirme que les difficultés financières proviennent des retards administratifs. Selon lui, les nouveaux forages permettraient d'exploiter le gisement pendant treize ans et de garantir le budget requis.
Cependant, cette argumentation ne rassure pas les opposants. Le Conseil d’État a rappelé que l’administration peut refuser un permis d'hydrocarbures pour des motifs d’intérêt général, notamment pour lutter contre le réchauffement climatique.
La situation à Nonville soulève des préoccupations majeures concernant la protection de l'eau potable et l'environnement. Les décisions qui seront prises par le Tribunal administratif de Melun auront un impact significatif sur la qualité de vie des habitants de Paris et des environs. La mobilisation des citoyens et des élus est cruciale pour défendre cette cause.