La France a annoncé qu'elle convoquera l'ambassadeur des États-Unis à Paris, Charles Kushner, en raison d'allégations jugées inacceptables concernant l'augmentation de l'antisémitisme. Ces commentaires proviennent d'une lettre ouverte adressée au président français Emmanuel Macron, publiée dans le Wall Street Journal. Kushner, qui est juif, a exprimé des préoccupations sur la montée de la haine envers les Juifs en France depuis le début du conflit à Gaza.
Le ministère des Affaires étrangères a fermement réfuté ces allégations, les qualifiant d'inacceptables. Kushner devrait se présenter lundi pour discuter de ces questions. Dans sa lettre, il a exhorté Macron à atténuer sa critique d'Israël tout en décrivant des exemples d'antisémitisme qui, selon lui, ont longtemps marqué la vie française.
Kushner a souligné que, selon lui, en France, aucun jour ne passe sans que des Juifs ne soient agressés dans la rue, que des synagogues ou des écoles soient profanées, ou que des commerces juifs soient vandalisés. Il a également mentionné que le ministère de l'Intérieur avait signalé des incidents antisémites même dans des écoles maternelles.
Il a exprimé sa volonté de collaborer avec Macron et d'autres dirigeants français pour élaborer un plan sérieux afin de lutter contre ce phénomène. Le ministère a rappelé que, selon la Convention de Vienne de 1961, les ambassadeurs ne sont pas autorisés à s'immiscer dans les affaires internes d'un pays.
Les commentaires de Kushner s'inscrivent dans le sillage d'une lettre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a également accusé Macron de contribuer à l'antisémitisme en appelant à la reconnaissance internationale d'un État palestinien. La France prévoit de reconnaître officiellement la Palestine en septembre prochain.
Lors de cette annonce, Macron a déclaré qu'il était essentiel de construire l'État palestinien et d'assurer sa viabilité, tout en garantissant sa démilitarisation et la pleine reconnaissance d'Israël pour contribuer à la sécurité au Moyen-Orient. Il a précédemment dénoncé l'antisémitisme comme étant contraire aux valeurs françaises.
Le conflit actuel a été déclenché par une attaque du Hamas dans le sud d'Israël le 7 octobre 2023, entraînant environ 1 200 morts et 251 personnes prises en otage. En réponse, Jérusalem a lancé une offensive qui a causé plus de 60 000 morts à Gaza, selon le ministère de la santé géré par le Hamas dans le territoire.
La semaine dernière, une famine a été confirmée à Gaza City, où plus d'un demi-million de personnes se trouvent dans des conditions catastrophiques, caractérisées par la famine et la détresse. Israël a nié l'existence de la famine et a qualifié le rapport d'outrageant.
La situation en France et au Moyen-Orient soulève des préoccupations majeures concernant l'antisémitisme et la sécurité des communautés juives. Les échanges entre les dirigeants français et américains mettent en lumière la complexité de ces enjeux. La France continue d'affirmer son engagement envers la lutte contre l'antisémitisme tout en naviguant dans un contexte international tendu.