
Dans la nuit de mercredi à jeudi, le ciel du Liban et des villes israéliennes s’est transformé en un théâtre de frappes et de tirs de missiles, laissant plusieurs morts et une région au bord d’une escalade incontrôlée. Le ministère libanais a fait état d’au moins sept morts à Beyrouth, huit dans le district de Baalbek et quatre à Burj Al‑Shamali, près de Tyr.
Israël affirme avoir visé dix cibles liées au Hezbollah dans le sud de Beyrouth, dont un quartier général du renseignement et des centres de commandement, et d’avoir détruit « des dizaines de lanceurs ». Ces frappes visaient, selon l’armée israélienne, des infrastructures du mouvement pro‑iranien jugées responsables des attaques contre l’État hébreu.
La riposte a été régionale et inédite. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir pris pour cible Israël, en coordination avec le Hezbollah, menant « un feu continu pendant une période de cinq heures » contre plus de cinquante objectifs.
Le Hezbollah, de son côté, affirme avoir tiré des missiles en direction d’une base du renseignement militaire en périphérie de Tel‑Aviv. Israël a ensuite déclaré avoir mené une série de frappes « à grande échelle » sur la ville de Téhéran.
Les mots montent aussi vite que les armes. « L’Iran est proche de la défaite », a déclaré Donald Trump, ajoutant que cela « ne veut pas dire que nous allons arrêter immédiatement » et que « nous devons finir le boulot ».
En réaction, un haut responsable des Gardiens, Ali Fadavi, a brandi la menace d’une « guerre d’usure » capable, selon lui, de « détruire l’ensemble de l’économie américaine et l’économie mondiale ». Emmanuel Macron a appelé les parties à la désescalade, demandant au Hezbollah de « mettre immédiatement fin à ses attaques » et exhortant Israël à « renoncer à une offensive terrestre au Liban ».
Plusieurs fortes explosions ont été entendues à Jérusalem après des alertes liées à des tirs depuis l’Iran et l’activation des systèmes de défense antimissile israéliens.
La crise pèse déjà sur l’économie mondiale. Le baril de pétrole a repassé la barre des 100 dollars jeudi, malgré l’annonce d’une libération exceptionnelle de 172 millions de barils « à partir de la semaine prochaine », selon le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright.
Par ailleurs, d’après des sources parlementaires, la première semaine de guerre a coûté aux États‑Unis plus de 11 milliards de dollars, un chiffre qui ne tient pas compte de nombreux frais préparatoires et pourrait donc être sous‑estimé. La région est à nouveau prise entre frappes ponctuelles et menaces d’une confrontation plus large.
Les combats d’hier montrent que la guerre n’est plus cantonnée à Gaza et qu’un embrasement impliquant Iran, le Hezbollah et Israël reste possible — avec des conséquences humanitaires et économiques qui dépasseraient largement le théâtre des opérations.