
La garde à vue de l’eurodéputée LFI Rima Hassan a été levée le 2 avril au soir. Elle est convoquée pour être jugée le 7 juillet pour "apologie de terrorisme", a indiqué le parquet.
L’affaire part d’un message publié puis effacé sur X le 26 mars. Dans ce post, Rima Hassan évoquait Kozo Okamoto — condamné pour l’attentat de 1972 à l’aéroport de Lod en Israël — et écrivait : "J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir." Ce texte a relancé une enquête ouverte fin 2023, après des propos jugés comme un soutien au Hamas dans la foulée de l’attaque du 7‑octobre.
La police judiciaire a placé l’élue en garde à vue jeudi matin après sa convocation. Le parquet précise que ce placement était possible "dans le cadre de l’enquête de flagrance", sans nécessité de lever son immunité parlementaire. Après quelques heures, elle a été remise en liberté, mais la procédure pénale se poursuit : elle comparaîtra en juillet pour apologie de terrorisme.
Lors de la fouille au commissariat, la police a découvert une petite quantité de drogues. "La fouille des effets de Rima Hassan a révélé la présence de matières s’apparentant d’une part à du CBD et d’autre part à de la 3MMC", a détaillé le parquet. Ces éléments seront traités dans une procédure distincte; on ne sait pas encore quelle position prendra l’élue sur ce point.
Rima Hassan est juriste franco‑palestinienne de 33 ans et eurodéputée pour La France insoumise. Porte‑drapeau de la cause palestinienne, elle ne cache pas ses positions radicales vis‑à‑vis d’Israël, qu’elle qualifie souvent de "terroriste", et multiplie des messages polémiques sur les réseaux sociaux. Elle avait déjà été convoquée au printemps 2024 dans le cadre d’une précédente investigation pour apologie du terrorisme.
La convocation de juillet promet d’être scrutée : elle met en tension la protection liée au mandat européen, la liberté d’expression d’une élue et la répression des messages jugés incitatifs à la violence. Pour l’heure, la procédure suit deux rails distincts : l’enquête pour apologie du terrorisme et l’instruction relative aux stupéfiants trouvés lors de sa garde à vue.