
Le Union Européenne a récemment ajouté le Corps des Gardiens de la Révolution islamique d'Iran (IRGC) à sa liste des terroristes. Cette décision fait suite à la répression meurtrière des manifestants à Téhéran ces dernières semaines. Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne, a déclaré que la répression ne pouvait rester sans réponse.
En déclarant cette mesure, Kallas a souligné que l'IRGC, une force militaire, économique et politique majeure en Iran, est désormais classé au même niveau que des groupes jihadistes comme al-Qaïda et l'État islamique. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié cette décision de "stunt" et d'"erreur stratégique majeure".
Jean-Noel Barrot, le ministre français des Affaires étrangères, a qualifié la répression en Iran de "plus violente de l'histoire moderne". Il a également affirmé qu'il ne pouvait y avoir "aucune impunité pour les crimes commis". La France, qui était auparavant hésitante à ajouter l'IRGC à la liste, a finalement soutenu cette initiative, menée par l'Italie.
Dans une déclaration sur les réseaux sociaux, Kaja Kallas a mentionné que tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre destruction. Elle a également exprimé l'espoir que les canaux diplomatiques demeurent ouverts avec l'Iran, même après cette décision.
En plus d'ajouter l'IRGC à sa liste, l'UE a imposé de nouvelles sanctions à six entités et 15 individus en Iran, y compris le ministre de l'Intérieur Eskandar Momeni et le procureur général Mohammad Movahedi Azad. Ces personnes sont accusées d'avoir participé à la répression violente des manifestations pacifiques.
Les organisations figurant sur la liste des terroristes de l'UE sont soumises à des sanctions telles que des interdictions de voyage et des gels d'avoirs, dans le but d'éliminer leurs réseaux de soutien. L'IRGC, force armée la plus puissante d'Iran, a été fondée peu après la révolution de 1979 pour défendre le système islamique du pays.
Les estimations des groupes de défense des droits humains indiquent que des milliers de manifestants ont été tués par les forces de sécurité, y compris l'IRGC, lors des récentes vagues de troubles. Selon l'agence des droits humains basée aux États-Unis, Hrana, plus de 6 301 personnes ont été tuées, dont 5 925 manifestants.
Les autorités iraniennes, quant à elles, affirment que plus de 3 100 personnes ont été tuées, en précisant que la majorité étaient des membres des forces de sécurité ou des témoins attaqués par des "émeutiers". La majorité des organisations de presse internationales, y compris la BBC, sont interdites de couverture à l'intérieur de l'Iran.
La décision de l'UE de classer l'IRGC comme un groupe terroriste marque un tournant significatif dans les relations avec l'Iran. Cela souligne l'importance de la responsabilité face à la répression des droits humains. Les conséquences de cette décision pourraient influencer les relations diplomatiques futures et la dynamique régionale.