Le gouvernement espagnol s'engage à assurer que toutes les communautés autonomes prennent en charge une partie des 3 000 mineurs étrangers non accompagnés présents aux Canaries. Ces enfants attendent d'être répartis à travers l'Espagne, à l'exception de la Catalogne et du Pays Basque, qui sont déjà exemptés.
Le ministre de la Politique Territoriale, Ángel Víctor Torres, a affirmé qu'il est inconcevable que des régions refusent d'accueillir ces mineurs. Il a précisé que toute opposition à cette mesure entraînerait l'intervention de la Fiscalité et des forces de sécurité. Le gouvernement est déterminé à faire respecter la législation en vigueur.
Félix Bolaños, ministre de la Présidence et de la Justice, a également averti que des conséquences juridiques pourraient survenir pour ceux qui choisiraient de ne pas se conformer à la loi. Cette situation met une pression supplémentaire sur les régions, notamment celles dirigées par le PP.
Les Baléares sont sous le feu des projecteurs du gouvernement, car elles envisagent de demander une reconnaissance de "contingence migratoire extraordinaire". Cette demande repose sur un décret de mars, qui stipule que les régions dont le système de protection dépasse trois fois leur capacité ordinaire peuvent être exemptées.
Actuellement, les Baléares dépassent leur capacité d'accueil avec 682 mineurs, alors que le gouvernement a fixé un maximum de 406 places. Cela représente un excès de 276 mineurs, soit 68 % de plus que prévu.
Pour qu'une communauté soit déclarée en contingence, elle doit tripler le ratio d'accueil de 32,6 mineurs pour 100 000 habitants. Selon les données préliminaires, seules les Canaries, Ceuta et Melilla remplissent actuellement ces critères. Les autorités baléares estiment que leur situation pourrait évoluer, mais elles ne répondent pas encore aux exigences.
Le délégué du gouvernement dans les îles, Alfonso Rodríguez, a indiqué que les Baléares pourraient éventuellement demander cette catégorie au gouvernement central. Cependant, les responsables du gouvernement central critiquent les arguments avancés par les Baléares.
Les Baléares reconnaissent ne pas atteindre actuellement les critères de triplement, mais elles comptent demander la contingence sur la base des projections de futures arrivées. La présidente baléare, Marga Prohens, a souligné une augmentation de 77 % des arrivées de migrants par rapport à 2024.
Elle a également mis en avant la nécessité d'une collaboration avec le gouvernement central, plutôt que de faire face à des menaces. Les Baléares font partie des 11 communautés autonomes qui contestent la répartition des mineurs devant le Tribunal Constitutionnel.
La situation des mineurs étrangers non accompagnés en Espagne soulève des questions complexes sur la répartition et l'accueil. Le gouvernement doit naviguer entre les exigences légales et les réalités sur le terrain. L'avenir des Baléares et d'autres régions dépendra de leur capacité à s'adapter à cette crise migratoire.