
Le 24 avril 2026, la gouverneure du Maine Janet Mills a opposé son veto à un moratoire de 18 mois sur la construction de grands centres de données. Ce texte, adopté par les deux chambres de la législature la semaine précédente, était le premier moratoire de ce type à franchir si loin un parlement d’État aux États‑Unis.
Mills dit comprendre la nécessité d’évaluer l’impact des centres de données à l’heure où l’intelligence artificielle se généralise — « je crois qu’il est nécessaire et important d’examiner et de planifier les impacts potentiels des centres de données à grande échelle dans le Maine », écrit‑elle — mais elle a estimé que le projet de Jay ne pouvait pas être sacrifié au nom d’un principe général. Le moratoire aurait empêché ce projet, déjà sous contrat et détenteur de plusieurs permis, d’aller de l’avant.
Le projet à Jay est sous contrat, a obtenu plusieurs permis et devrait créer plus de 800 emplois de construction et au moins 100 emplois permanents. La décision s’inscrit dans un débat plus large : d’un côté, des élus et des citoyens inquiets des effets environnementaux et énergétiques des méga‑centres ; de l’autre, des collectivités rurales qui voient dans ces investissements une chance de relancer une économie mise à mal.
Jay, une ville touchée par la fermeture d’une papeterie en 2023 qui a éliminé plusieurs centaines d’emplois, compte sur l’arrivée du centre pour compenser une partie de la perte d’activité et pour accroître les recettes fiscales locales. Mills a clairement pesé ces deux impératifs.
Elle a déclaré avoir envisagé trois options — signer, laisser la loi entrer en vigueur sans sa signature, ou opposer son veto — et a choisi la dernière parce que le texte « ne permettait pas » au projet de Jay de se réaliser. En refusant le moratoire, elle protège donc un chantier qui promet emplois et revenus pour une communauté en difficulté, tout en appelant implicitement à des études et à des plans pour encadrer l’implantation future de ces infrastructures.
Reste la question politique : le veto met fin au moratoire pour l’instant, mais ne règle pas la tension entre attractivité économique et régulation environnementale. Les partisans d’un encadrement strict des centres de données ont prouvé qu’ils peuvent gagner des majorités législatives ; les défenseurs du développement local, eux, ont obtenu une victoire immédiate pour Jay.
Le débat va se poursuivre, entre commissions d’étude, décisions locales et nouvelles propositions législatives — avec, au centre, des communautés qui exigent à la fois emplois et garanties.