
Au printemps 2022, Natalia fabriquait des cocktails Molotov pour défendre Kiev contre l'armée russe. Aujourd'hui, elle vit sans chauffage et se réchauffe dans une tente de campagne. Cependant, elle refuse de quitter sa ville. "Je n'ai pas quitté Kiev un seul instant depuis le début de l'invasion", confie-t-elle à l'AFP.
Malgré les bombardements, Natalia a déménagé dans un appartement plus bas. "C'est moins effrayant quand les missiles passent", explique-t-elle. Elle souligne l'importance de rester, car "qui resterait sinon nous ? C'est chez moi, c'est mon travail et j'aime ma ville".
La situation à Kiev est préoccupante. Les récentes attaques russes ont causé la mort d'au moins quatre personnes et privent 6 000 bâtiments de chauffage. Le maire, Vitali Klitschko, a demandé à la population d'évacuer "temporairement".
Les températures à Kiev sont très basses, variant entre -7 et -15 °C. "Nous avons passé 42 heures sans électricité, chauffage ou eau", déclare Natalia. Elle craint que cette situation ne se reproduise "en boucle" si la ville ne renforce pas la protection de son réseau électrique.
Les coupures d'électricité sont fréquentes, aggravées par les attaques russes qui ont gravement perturbé le réseau énergétique ukrainien. Les habitants se réfugient dans des tentes pour se réchauffer et recharger leurs téléphones.
Olena, une professeure d'anglais de 50 ans, affirme qu'elle s'oblige à garder un optimisme pour résister. La solidarité entre voisins et les services d'urgence apportent un soutien précieux. "Nous nous soutenons, nous nous habillons chaudement, nous sourions et nous espérons", dit-elle.
Une bufanda de sa grand-mère, survivante de la Seconde Guerre mondiale, lui donne force et courage. "Nous n'avons pas le droit de nous rendre", insiste Olena, en dénonçant les intentions destructrices de la Russie envers l'Ukraine.
Le maire a déclaré que les travaux de réparation se poursuivent 24 heures sur 24. La situation de la réseau électrique est très difficile, touchée par des attaques et des conditions météorologiques extrêmes. L'opérateur national, Ukrenergo, a annoncé des coupures d'urgence.
Le fournisseur d'électricité DTEK a rétabli l'approvisionnement pour plus de deux millions de foyers touchés dans plusieurs régions. Cependant, les dégâts causés par les attaques sont considérables et l'infrastructure énergétique est gravement endommagée.
La première ministre Yulia Sviridenko dénonce les attaques russes ciblant les infrastructures essentielles. "Rusia attaque délibérément les systèmes vitaux pour les civils", affirme-t-elle. Les attaques se sont intensifiées, touchant également le secteur gazier et les installations portuaires.
En réponse, l'Ukraine mène des attaques régulières contre des raffineries en Russie. Récemment, plus de 500 000 personnes ont été privées d'électricité dans la région de Bélgorod suite à une attaque ukrainienne.
La situation à Kiev reste critique, mais la détermination des habitants, comme Natalia et Olena, montre une résilience remarquable. La solidarité et l'espoir demeurent des éléments clés pour surmonter cette épreuve. Alors que les défis énergétiques persistent, la lutte pour la survie continue.