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Guerre en Ukraine : le point sur la situation

Soldats ukrainiens en tenue camouflée dans une tranchée, fumée et véhicules militaires en arrière-plan

Une nuit brève et bruyante : missile et nuée de drones

La nuit a été brève et bruyante. Selon le communiqué publié sur Telegram par l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a lancé un missile balistique et une véritable pluie d’appareils — en tout, Iskander‑M et 105 drones — qui ont troublé le ciel pendant plusieurs heures.

Le bilan chiffré est précis mais partiel : quatre‑vingt‑seize appareils, dont environ soixante de type Shahed, ont été interceptés ou détournés par des opérations de brouillage, tandis que six drones ont néanmoins atteint leur cible. Néanmoins, on ignore encore ce qu’il est advenu des trois autres drones et du missile signalé, de même que l’étendue des dégâts causés au sol.

Au‑delà des comptes : quatre ans de guerre et de ruptures

L’invasion de l’Ukraine par la Russie débutait il y a quatre ans, le 24 février 2022, et depuis chaque offensive prend la forme d’une épreuve qui transforme des existences ordinaires en trajectoires marquées par le conflit. En effet, les chiffres nocturnes dessinent une réalité militaire, mais ils ne disent rien de la fatigue ni des choix individuels qui soutiennent la résistance quotidienne.

Portrait : quand la piste de danse cède la place à la ligne de feu

De la danse de salon à la discipline militaire

Parmi ces récits, celui de Tetiana Khimion, 47 ans, illustre ce basculement brutal. Petite fille qui pratiquait la danse de salon dès l’âge de six ans, elle a vu ses compétitions peu à peu remplacées par des rotations, des entraînements et des postes en première ligne, comme si une autre chorégraphie — plus sombre et plus exigeante — avait pris le relais.

Un choix personnel face aux pressions familiales

Son mari s’était engagé au tout‑début du conflit et la suppliait de ne pas suivre le même chemin ; pourtant, une conviction ancrée en elle a fini par l’emporter. Après une formation effectuée en Europe, elle a été affectée à plusieurs unités avant d’être déployée en combat, apprenant sur le terrain une discipline qui demande autant de patience que d’inventivité.

« Tireuse d’élite est un métier très créatif, et je suis une personne créative », dit‑elle, conjuguant ainsi l’idée d’art et de précision ; elle a troqué les paillettes de la piste pour la concentration d’un rôle où chaque geste compte. Mère de deux fils adultes, elle affirme ne pas souhaiter que leurs vies soient marquées par la guerre comme la sienne l’est déjà.

Chiffres et visages : la même réalité, plusieurs dimensions

Les statistiques de la nuit et la voix de Tetiana composent la même réalité : des frappes régulières d’un côté, des vies contraintes d’apprendre, de s’adapter et parfois de devenir armes à leur tour de l’autre. Ainsi, la précision des interceptions ne couvre ni l’épuisement des équipes ni la force des décisions personnelles qui, au quotidien, maintiennent un pays debout.

En fin de compte, les comptes rendus militaires et les portraits individuels se répondent — l’un donnant la mesure immédiate des affrontements, l’autre rappelant la densité humaine derrière chaque chiffre — et c’est dans cette tension que se lit l’expérience collective de ces quatre années.

Publié le : 28 février 2026
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