Dans la province conservatrice d'Aceh, en Indonésie, deux hommes ont été publiquement fouettés après avoir été condamnés par un tribunal islamique. Leur crime ? S'être embrassés et enlacés, des actes jugés contraires à la loi islamique. Cette sanction a suscité de vives réactions et soulève des questions sur les droits humains dans la région.
Le tribunal a ordonné 80 coups de fouet pour chaque homme, âgés de 20 et 21 ans, qui ont été punis en public devant une foule d'environ 100 personnes. Ils ont été fouettés avec une canne en rotin dans un parc de Banda Aceh. Ce type de châtiment est courant pour des infractions morales, notamment pour des relations sexuelles entre personnes de même sexe.
Les faits se sont déroulés dans les toilettes d'un parc public, où les hommes ont été surpris en train de s'enlacer. Ils avaient rencontré via une application de rencontre. Cette arrestation met en lumière l'application stricte de la loi islamique à Aceh, qui est la seule province d'Indonésie à appliquer la charia.
Aceh a mis en place la charia en 2006, en réponse à un long conflit séparatiste. Depuis, quatre autres cas de caning liés à l'homosexualité ont été enregistrés. Bien que la loi nationale indonésienne ne criminalise pas l'homosexualité, Aceh a élargi ses lois islamiques, touchant même les non-musulmans.
En 2016, un groupe de défense des droits humains a tenté de contester ces lois, mais sa demande a été rejetée par la Cour suprême indonésienne. Le gouvernement central a aussi tenté d'influencer les autorités d'Aceh pour abandonner certaines lois plus sévères.
La réaction à ce châtiment a été forte. Amnesty International a qualifié cette action de discrimination d'État et de cruauté. La directrice de recherche régionale d'Amnesty, Montse Ferrer, a souligné que ces punitions sont un rappel choquant de la stigmatisation institutionnalisée à l'encontre des personnes LGBTQ+ à Aceh.
Des experts en droits humains, comme Maidina Rahmawati, ont également exprimé leurs préoccupations, soulignant que ces pratiques sont contraires aux lois internationales sur les droits humains. La question de la charia à Aceh continue de diviser les opinions, tant au niveau national qu'international.
La situation des droits LGBTQ+ en Indonésie, et plus particulièrement à Aceh, semble précaire. Avec des lois qui criminalisent les relations entre personnes de même sexe, les perspectives d'amélioration sont limitées. Les récentes législations sur l'interdiction de relations sexuelles hors mariage ajoutent une couche supplémentaire de complexité à cette problématique.
Alors que l'Indonésie se dirige vers une réglementation plus stricte, les conséquences pour les communautés marginalisées pourraient être graves. La lutte pour les droits et la reconnaissance des LGBTQ+ reste un défi majeur dans cette région.
Le cas des deux hommes fouettés à Aceh illustre les tensions entre la loi islamique et les droits humains. Alors que la communauté internationale observe, il est crucial de continuer à défendre les droits fondamentaux de tous les individus, indépendamment de leur orientation sexuelle. Le chemin vers l'égalité et la justice est encore long pour les LGBTQ+ en Indonésie.