
Les manifestations en Iran ont pris une tournure tragique, avec des blessés évitant les hôpitaux par crainte d'arrestation. Des témoignages révèlent comment les gens se cachent pour recevoir des soins médicaux dans des conditions de danger extrême.
Tara et son amie ont vécu une expérience traumatisante lors d'une manifestation à Isfahan. Alors que les forces de sécurité arrivaient, elles ont été prises de panique. Tara a déclaré : "Nous avons demandé à un couple de nous cacher." Leur peur d'être arrêtées les a poussées à éviter les hôpitaux, malgré des blessures graves.
Les témoignages de nombreux manifestants confirment qu'ils craignent une arrestation s'ils se rendent dans des établissements médicaux. Ils dépendent donc de médecins et d'infirmiers prêts à risquer leur sécurité pour leur fournir des soins à domicile.
Nima, un chirurgien à Téhéran, a décrit des conditions de travail désastreuses. Il a opéré sans interruption pendant près de 96 heures, traitant des jeunes blessés par balles. "Nos vêtements étaient couverts de sang", a-t-il déclaré, illustrant la gravité de la situation.
Les autorités iraniennes affirment que plus de 3 100 personnes ont été tuées, mais les chiffres réels pourraient être beaucoup plus élevés. Les médecins sont contraints de travailler dans un climat de peur, surveillés par les forces de sécurité qui inspectent les dossiers médicaux.
Les soins médicaux clandestins ont permis à plusieurs manifestants de recevoir une aide, mais cela a un coût. Les médecins évitent souvent de mentionner des blessures par balle dans les dossiers pour éviter des répercussions. Cela complique encore plus la situation pour les blessés qui cherchent de l'aide.
Des rapports indiquent également que des patients ont été enlevés dans les hôpitaux. Les médecins qui traitent les manifestants sont désormais eux-mêmes ciblés par les forces de sécurité, créant un climat de terreur parmi le personnel médical.
Dans les hôpitaux, la situation est critique. Sina a rapporté que l'hôpital où il a amené son frère ressemblait à un hôpital de campagne. Les ressources étaient insuffisantes et les blessés affluaient. Les patients étaient contraints de donner leurs véritables identifiants pour utiliser leur assurance, ce qui les exposait à des risques.
Les autorités affirment que des milliers d'opérations ont été réalisées, mais les témoignages des patients indiquent que beaucoup de blessures restent non traitées par peur des représailles.
La situation en Iran est alarmante. Les manifestants, blessés et effrayés, évitent les soins médicaux, ce qui aggrave leur état. Les médecins, pris entre leur devoir de soigner et la menace des autorités, sont dans une position précaire. La lutte pour la santé et la sécurité se poursuit dans un climat de répression.