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IBM dévoile son « chandelier quantique »

IBM présente son « chandelier quantique » : structure dorée suspendue dans un cryostat en laboratoire

Un lustre cuivré qui annonce une rupture informatique

Un lustre couleur cuivre intrigue à VivaTech. Sur scène, IBM explique que ce “chandelier quantique” n’est pas une œuvre de déco : c’est le système de refroidissement d’un futur ordinateur qui, selon la firme, doit marquer une rupture dans l’informatique. À Paris, l’entreprise vient montrer ce que pourrait être un autre type de calcul — pas plus rapide pour tout, mais capable d’attaquer des problèmes aujourd’hui impossibles.

Comprendre le qubit et le saut conceptuel

Le principe tient en une chose simple à énoncer et difficile à imaginer : alors que l’informatique classique manipule des bits valant 0 ou 1, le qubit peut exister dans les deux états à la fois. “Par exemple, pour simuler toutes les interactions des molécules de café, en matière d'énergie, d'impact sur la santé, de vecteurs de médicaments, il faudrait plus de mémoire qu'il n'y a d'atomes sur Terre”, dit Pierre Jaeger, responsable des alliances stratégiques dans le quantique chez IBM. “Alors qu'on peut le faire avec 100 bits quantiques.” C’est ce saut, technique et conceptuel, que les ingénieurs espèrent généraliser.

Calendrier, accès et infrastructures

IBM s'est fixé comme horizon 2029 pour commercialiser pleinement ses ordinateurs quantiques. Une vingtaine de machines sont déjà accessibles en ligne dans le monde, via le cloud, et deux data centers sont en activité, dont un en Allemagne.

Applications concrètes et coexistence des processeurs

Les applications visées sont concrètes et stratégiques : pharmacie, nouveaux matériaux, optimisation logistique à très grande échelle, et gestion des réseaux d'énergie. EDF travaille déjà avec l’équivalent d’EDF en Allemagne pour tester des optimisations de distribution électrique.

La terminologie évolue : aux CPU et GPU vient s’ajouter le QPU — Quantum Processing Unit —, et les trois devraient cohabiter, chacun pour les tâches où il excelle. “Ce n'est pas juste plus puissant, c'est une manière différente de faire des calculs”, résume Pierre Jaeger.

Risques, limites et la course aux talents

La montée en puissance du quantique n’efface pas les limites actuelles. Le danger majeur pour la cybersécurité existe, mais il n’est pas pour demain : “On n'aura pas de machine capable de casser la cryptographie avant 2029-2033”, affirme Jaeger. Les usages sont d’abord destinés aux grandes entreprises : ce n’est pas une puce pour faire tourner Word ou Minecraft, mais une technologie qui peut redistribuer les cartes industrielles. “Ça peut rebattre les cartes dans des secteurs stratégiques”, prévient encore Jaeger, citant la possibilité pour un concurrent de rattraper rapidement BYD sur les batteries électriques.

Le dernier verrou est humain. Les talents manquent : “Pas assez de gens travaillent sur les usages. On a besoin d'ingénieurs logiciels. Dites aux jeunes : faites des maths.” L’adoption, selon IBM, sera progressive — mais la fenêtre pour se positionner est courte. Ceux qui sauront combiner savoir-faire quantique, accès cloud et cas d’usage concrets pourraient changer les règles du jeu.

Publié le : 20 juin 2026
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