Le Partido Popular et Vox sont désormais contraints de collaborer. Les dernières enquêtes indiquent qu'Alberto Núñez Feijóo, bien qu'il puisse obtenir le meilleur résultat de son parti depuis 2011, a besoin du soutien des députés de Santiago Abascal pour réaliser son rêve d'accéder à la Moncloa.
Sur le plan national, la nécessité d'une alliance est claire. Les décisions prises par les dirigeants de Vox pourraient influencer l'avenir de plusieurs gouvernements autonomiques, notamment ceux d'Extremadura, de la Communauté valencienne, d'Aragon, de Murcie et des Baléares. Ces régions se préparent à des négociations budgétaires complexes qui pourraient déterminer leur stabilité jusqu'aux élections de 2027.
En Castille-et-León, la situation est tendue. Les élections approchent et la crise actuelle pourrait coûter cher à Mañueco, dont le mandat est déjà remis en question. L'incendie qui ravage la région a exacerbé les tensions entre le PP et Vox, avec des accusations de négligence et de mise en danger de la vie humaine.
Il est indéniable qu'il existe une tension entre les deux partis, mais cela ne signifie pas que la rupture soit totale. En Communauté valencienne, PP et Vox ont réussi à adopter les budgets "de la reconstruction", après des concessions importantes sur des questions migratoires et environnementales. Carlos Mazón, en quête d'un accord, a dû faire des compromis significatifs pour maintenir son gouvernement.
Ce succès budgétaire a temporairement renforcé la position de Mazón, mais il a également accru le pouvoir de Vox au niveau territorial. Les accords sur l'immigration, qui ont été acceptés dans cette région, ont également été reproduits dans les négociations pour les budgets à Baleares et Murcie.
Dans les Baléares, Marga Prohens a promis à Vox de prendre des mesures pour limiter le nombre de mineurs migrants, ce qu'elle a commencé à mettre en œuvre. De son côté, le gouvernement de Murcie a également accepté des conditions strictes concernant l'immigration pour permettre l'exécution des budgets. Ce climat de tension est accentué par des événements récents dans des villes comme Torre Pacheco, où des incidents xénophobes ont eu lieu.
Les accords signés incluent des clauses strictes sur les subventions aux ONG, limitant leur soutien à celles qui ne collaborent pas avec l'immigration illégale. Cela a conduit à une réduction significative des financements pour les organisations d'intégration des immigrés en Espagne.
En Aragon, Vox exprime son mécontentement face à l'absence d'actions du PP concernant l'immigration. Les discussions sur les budgets de 2026 n'ont pas encore débuté, et les tensions persistent. Les deux parties peinent à trouver un terrain d'entente, en particulier sur les questions migratoires.
En Extremadura, la situation est similaire. Le gouvernement de María Guardiola a rencontré des difficultés pour parvenir à un accord avec Vox, et les relations se sont détériorées. Malgré cela, le gouvernement espère aborder les négociations avec un esprit constructif, en mettant l'accent sur les intérêts des citoyens plutôt que sur des disputes politiques.
Les relations entre le PP et Vox sont marquées par des tensions, mais aussi par des opportunités de collaboration. Les enjeux budgétaires et les décisions politiques à venir détermineront la stabilité et l'avenir de plusieurs gouvernements autonomiques. Le chemin à parcourir reste semé d'embûches, mais la nécessité de travailler ensemble pourrait forcer les deux partis à trouver un équilibre.