La crise chez le géant immobilier Evergrande soulève de nombreuses questions. Ce développeur chinois a récemment vu ses actions retirées de la bourse de Hong Kong, marquant un tournant significatif dans son parcours tumultueux. Avec des dettes colossales et un impact sur l'économie chinoise, il est crucial de comprendre les enjeux qui entourent cette situation.
Fondé en 1996 par Hui Ka Yan à Guangzhou, Evergrande, anciennement connu sous le nom de Hengda Group, a rapidement évolué pour devenir un acteur majeur du secteur immobilier. À son effondrement, l'entreprise gérait environ 1 300 projets dans 280 villes en Chine. Cependant, son portefeuille s'étendait bien au-delà de l'immobilier, incluant des activités telles que la gestion de patrimoine et la fabrication de voitures électriques.
Au sommet de sa fortune, Hui Ka Yan était considéré comme l'homme le plus riche d'Asie, avec une valeur nette estimée à 42,5 milliards de dollars. Malheureusement, la crise d'Evergrande a provoqué une chute vertigineuse de sa richesse, alors que l'entreprise faisait face à des difficultés financières croissantes.
Evergrande a connu une expansion rapide, empruntant plus de 300 milliards de dollars pour financer ses projets. Cependant, en 2020, le gouvernement chinois a introduit des règles strictes pour contrôler l'endettement des développeurs immobiliers. Ces nouvelles mesures ont contraint Evergrande à vendre ses propriétés à des prix très réduits, ce qui a aggravé sa situation financière.
En conséquence, l'entreprise a eu du mal à respecter ses paiements d'intérêts. Depuis le début de la crise, ses actions ont perdu plus de 99% de leur valeur, et en août 2023, Evergrande a déposé le bilan à New York pour protéger ses actifs américains tout en négociant un accord avec ses créanciers.
Les difficultés d'Evergrande et la crise immobilière ont eu des répercussions considérables sur l'économie chinoise. Le secteur immobilier représente environ un tiers du produit intérieur brut (PIB) du pays, ce qui en fait un moteur essentiel de la croissance. De plus, il constitue une source majeure de revenus pour les gouvernements locaux.
Avec la baisse des investissements dans l'immobilier, le secteur financier et les industries connexes, comme la construction, ont également souffert. Les ménages chinois, qui ont souvent investi leurs économies dans l'immobilier, ressentent la pression, ce qui impacte les dépenses de consommation, jugées cruciales pour la relance économique par Pékin.
Face à cette crise, le gouvernement chinois a mis en place plusieurs mesures pour soutenir l'industrie immobilière. Des centaines de milliards de dollars ont été injectés dans le système, notamment par le biais de prêts à faible intérêt pour les banques d'État. Des aides ont également été accordées aux acheteurs de logements.
Cependant, aucune aide directe n'a été accordée à Evergrande, afin d'éviter d'encourager des comportements risqués. Alors que le marché immobilier était autrefois essentiel à la croissance économique, la priorité de Xi Jinping s'est désormais tournée vers la fabrication de haute technologie et l'intelligence artificielle, modifiant ainsi les priorités économiques du Parti communiste.
La situation d'Evergrande illustre les défis majeurs auxquels fait face le secteur immobilier chinois. Ses difficultés ont des implications non seulement pour l'économie nationale, mais aussi pour des millions de citoyens. Alors que le gouvernement s'efforce de stabiliser la situation, l'avenir d'Evergrande et de l'immobilier chinois reste incertain.