
Le ministère public du Valais est sous le feu des critiques concernant la gestion de l'enquête sur l'incendie tragique d'un bar à Crans-Montana. Cet incident a causé la mort de 40 personnes et blessé 116 autres lors de la nuit du Nouvel An. Les avocats des victimes expriment leur frustration face à l'absence de mesures immédiates.
Les problèmes incluent l'absence de détention provisoire des propriétaires du bar, ainsi que le retard dans la saisie des téléphones et les perquisitions. Les avocats se sont interrogés sur le manque d'enquêteurs sur le site dès les premières heures après le drame. Il a fallu attendre le 7 janvier pour que le bar soit finalement perquisitionné.
Les avocats ont noté que la perquisition au domicile des propriétaires, Jacques et Jessica Moretti, a été ordonnée le 1er janvier, mais n'a pas été exécutée jusqu'à présent. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la disparition des preuves. Christophe de Galembert, représentant une des victimes, a exprimé ses craintes à ce sujet.
La lenteur de la procédure a été accentuée par le fait que les propriétaires n'ont pas été interpellés immédiatement après l'incendie. L'avocate Miriam Mazou a souligné l'absence de mise en détention préventive, ce qui aurait permis de sécuriser les preuves. Un expert a également indiqué que cette arrestation aurait pu éviter la disparition de documents et d'enregistrements.
Les auditions des époux Moretti ont également suscité des critiques. Ces sessions se sont déroulées dans des salles trop petites pour accueillir les 27 avocats des parties civiles. Certains avocats ont dû suivre les interrogatoires depuis des pièces adjacentes, ce qui a créé des situations surprenantes au ministère public à Sion.
Les prévenus ont eu l'opportunité d'assister aux auditions de l'autre et de relire ensemble les procès-verbaux. Cette situation a soulevé des inquiétudes quant à la confidentialité des témoignages. Les auditions, qui n'ont pas été menées à leur terme, reprendront à une date indéterminée.
Un autre point de discorde est l'absence d'autopsies ordonnées immédiatement après le drame. Christophe de Galembert a fait remarquer que les autorités italiennes ont agi rapidement en ordonnant des autopsies, alors que les autorités suisses ne l'ont pas fait. Cela soulève des questions sur la gestion des preuves.
Pour pallier cette situation, l'avocat Romain Jordan a lancé une plateforme en ligne pour collecter des photos, vidéos et témoignages de la nuit de l'incendie. Il a souligné que leur travail est essentiel pour faire avancer l'enquête et pour que le ministère public agisse.
La libération de Jacques Moretti, après le paiement d'une caution de 200 000 francs suisses, a suscité l'indignation. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a exprimé sa colère face à cette décision. Les familles des victimes se sentent également désemparées par cette situation.
Me Laurence Casays, avocate de trois familles, a déclaré que cette libération semble prématurée, surtout que les auditions ne sont pas terminées. Elle a noté que le fait de pouvoir payer pour sortir de prison choque de nombreuses personnes, même si cela est légal.
La gestion de l'enquête sur l'incendie de Crans-Montana soulève de nombreuses questions et frustrations. Les critiques sur la lenteur des procédures et l'absence de mesures immédiates mettent en lumière des failles dans le système judiciaire. Les familles des victimes continuent de réclamer justice et des réponses rapides.