
Une infirmière de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) a été licenciée en novembre pour avoir conservé un calot sur la tête en dehors du bloc opératoire. Cette décision a suscité des réactions et des recours juridiques. En effet, la soignante concernée a déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris le 23 décembre dernier.
Récemment, le tribunal administratif a rendu une décision favorable à Majdouline. En référé, il a suspendu la révocation de cette infirmière, en attendant un jugement au fond. Le juge a reconnu qu'elle avait "commis une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire", mais a souligné une absence de proportion entre la faute et la sanction.
Infirmière depuis 2018 à l'AP-HP, Majdouline B. a été licenciée le 10 novembre 2025. La direction lui reprochait de porter quotidiennement un calot, un équipement de protection en tissu, en dehors des zones prescrites. Au cours de l'année, elle a subi plusieurs convocations et un blâme, culminant en un conseil disciplinaire en octobre.
Selon son avocat, Me Lionel Crusoe, Majdouline B. n'a jamais revendiqué d'appartenance religieuse. Elle a simplement affirmé que le port de cet équipement relevait de sa vie privée. Notamment, l'AP-HP n'a pas invoqué la laïcité dans sa sanction, mais a fait référence à une règle interdisant le port continu du calot.
L'audience de référé a eu lieu le 23 décembre, avec une cinquantaine de personnes présentes pour soutenir Majdouline B. Parmi elles, des collègues, syndicalistes et militants politiques. Ils dénoncent une chasse aux bouts de tissu généralisée, touchant de nombreuses soignantes.
La députée LFI Mathilde Panot a également exprimé ses préoccupations. Elle a déclaré que le calot n'est ni un signe religieux ni un signe prosélyte. Elle a critiqué le climat d'islamophobie et a averti que de telles affaires mettent en danger les services de santé.
Le cas de Majdouline B. soulève des questions importantes sur la gestion des règles vestimentaires dans les établissements de santé. La décision du tribunal administratif pourrait avoir des implications significatives pour d'autres soignants. Il est essentiel de respecter les droits individuels tout en maintenant des normes professionnelles.