BUENODIA

Ces initiatives pour se passer des Big Tech américaines

Logos des Big Tech américaines affichés sur un écran, barrés d’un symbole d’interdiction, avec un ordinateur portable au premier plan

Un départ décidé : adieux à Gmail à 73 ans

« J’ai décidé de faire mes adieux à Gmail ». À 73 ans, Anne Gerbeaux n’a pas prononcé ces mots par technophobie mais par calcul : rapatrier ses données en Europe et les confier à des prestataires « qui ne les vendront pas à des publicitaires ». Retraitée, bénévole dans un centre social de Gironde, elle s’est faite accompagner par Libretic, une association locale qui installe et gère des services libres « sans Gafam ».

Les événements qui ont poussé au changement

Le déclic remonte à 2016, avec l’affaire Cambridge Analytica, qui lui a montré que les données peuvent être manipulées pour influer sur une élection. « Sidérée », elle a aussi découvert le coût écologique des serveurs des géants américains, toujours sous climatisation. Enfin, la réélection de Donald Trump en novembre 2024 et l’allégeance affichée de certains patrons de la tech ont été « le coup de grâce ». « Un fou comme Trump peut choisir d’appuyer sur un bouton et supprimer notre accès aux principales plateformes », observe-t-elle.

Comment Libretic met en pratique des alternatives

En pratique, Libretic accompagne la migration vers des solutions ouvertes et locales. Anne a basculé sa messagerie vers un service compatible Roundcube, stocke ses fichiers sur Nextcloud, suit l’actualité sur un serveur Mastodon et communique via Matrix, chiffré de bout en bout. Libretic propose ainsi des alternatives à Gmail, Drive, OneDrive, Dropbox, Twitter et aux messageries centralisées.

Libretic propose des services libres : courriel (Roundcube), stockage et synchronisation (Nextcloud), microblog (Mastodon) et messagerie chiffrée (Matrix). Ces outils permettent de retrouver le contrôle des données sans renoncer aux fonctions essentielles du quotidien numérique.

Au-delà du « libre » : sobriété, souveraineté et vie privée

Au-delà d’une simple nostalgie du « libre », ce mouvement attire des particuliers, des associations et des collectifs soucieux de sobriété numérique, de souveraineté et de vie privée. Pour beaucoup, c’est aussi un enjeu démocratique : quitter une infrastructure contrôlée par quelques entreprises américaines réduit la dépendance aux décisions — parfois politiques — prises loin d’ici.

Freins, choix et message des acteurs locaux

La démarche n’est pas sans friction : migration de contacts, habitudes à reprendre, formation nécessaire. Mais pour Anne et d’autres, le prix à payer reste faible face à l’idée de confier une vie numérique aux publicitaires ou à des plateformes qui peuvent, selon eux, couper l’accès du jour au lendemain. Leur message est simple : il existe des alternatives, souvent gérées par des acteurs locaux et responsables, qui rendent à chacun la maîtrise de ses données.

Publié le : 15 mars 2026
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