
Après deux semaines de protestations en Iran contre la hausse des prix et le gouvernement, le régime persiste à accuser ses ennemis, notamment les États-Unis et Israël. Le président du parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a déclaré que "nous sommes en guerre contre l'ennemi sioniste et les États-Unis sur quatre fronts : économique, cognitif, militaire et terroriste".
La République Islamique reste en alerte face aux menaces du président américain, Donald Trump, qui a évoqué une éventuelle intervention militaire. Initialement, cette menace concernait la volonté de Téhéran de renforcer son arsenal militaire après le conflit avec Israël, où les États-Unis avaient déjà attaqué des installations nucléaires iraniennes.
Trump a intensifié ses menaces, indiquant qu'il pourrait intervenir si Téhéran continuait de réprimer les manifestations. "L'Iran recherche la liberté, peut-être comme jamais auparavant. Les États-Unis sont prêts à aider!", a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux. En réponse, Qalibaf a averti que toute intervention américaine entraînerait une réaction d'Iran, y compris un attaque préventive.
Il a souligné que "dans le cadre de la légitime défense, nous n'allons pas seulement réagir après l'action". Qalibaf a également précisé que les territoires occupés et les bases militaires américaines seraient des cibles légitimes en cas d'attaque.
Le samedi, des milliers d'Iraniens ont de nouveau manifesté dans de nombreuses villes, malgré la répression croissante des autorités. La police, l'armée et la Garde Révolutionnaire ont été déployées pour contenir les manifestations. Le blocage des télécommunications complique la connaissance de l'ampleur des protestations et entrave le travail des ONG sur le terrain.
La BBC Persan a rapporté que 70 corps ont été transférés à l'hôpital Poursina, à Rasht. Les personnels médicaux ont indiqué que la morgue était pleine et que les forces de sécurité avaient emporté plusieurs corps. Des sources hospitalières affirment que les familles doivent payer pour récupérer les dépouilles.
Les hôpitaux de Téhéran sont débordés par l'afflux de manifestants blessés. Un médecin a décrit des victimes atteintes de balles à la tête et au cœur, soulignant que beaucoup sont morts avant d'arriver à l'hôpital. Selon des ONG, le bilan s'élève à 420 morts et plus de 10 000 arrestations.
Le réseau de droits humains Hrana a dénoncé un blackout des télécommunications qui dure depuis quatre jours, empêchant les Iraniens à l'étranger de communiquer avec leurs proches. Le chef de la police, Ahmad Reza Radan, a salué l'augmentation des arrestations, tout en accusant des "groupes terroristes" d’être responsables des violences.
L'absence d'internet a également entravé le fonctionnement du système bancaire, affectant de nombreux commerces. Netblocks, une plateforme de surveillance de la censure, a déclaré que cette censure constitue une menace directe pour la sécurité et la santé des citoyens iraniens à un moment critique pour l'avenir du pays.
Les événements récents en Iran mettent en lumière une situation de tension croissante entre le régime et la population. Les manifestations, marquées par des violences, soulignent le besoin urgent de changement. La communauté internationale observe avec attention les développements dans ce pays en proie à des défis internes et externes.