
Dans la nuit de mercredi à jeudi, un membre des forces de l'ordre a été tué dans l'ouest d'Iran. Cette annonce a été faite par la télévision d'État, après quatre jours de rassemblements contre la cherté de la vie dans plusieurs villes. Le vice-gouverneur de la province du Lorestan, Saïd Pourali, a déclaré qu'un jeune homme de 21 ans, membre du Bassidj, a perdu la vie en défendant l'ordre public.
Ce décès marque la première victime officiellement recensée depuis le début des manifestations, qui ont débuté dimanche à Téhéran. Initialement pacifiques, ces rassemblements se sont rapidement étendus à d'autres villes et universités. Les médias d'État ont déjà qualifié de manifestants ceux qui participaient aux mouvements précédents.
Lors des manifestations à Kouhdasht, 13 policiers et membres du Bassidj ont été blessés par des jets de pierres. Cette ville, qui compte près de 90 000 habitants, est située à 550 km de la capitale. La mobilisation a été initiée par des commerçants, en réponse à la hausse des prix et au marasme économique.
Depuis mardi, la grogne s'est étendue à au moins dix universités et d'autres villes. Les autorités ont rapporté des incidents, et mercredi, un bâtiment gouvernemental a été attaqué à Fassa. Malgré la gravité de la situation, les autorités n'ont pas fait de lien direct avec les manifestations.
Le procureur général de la République islamique, Mohammad Movahedi-Azad, a exprimé sa compréhension pour les manifestations pacifiques dénonçant le coût de la vie. Cependant, il a averti que toute tentative de transformer ces rassemblements en violence serait suivie d'une réponse ferme.
Mercredi soir, l'agence de presse Tasnim a annoncé l'arrestation de sept personnes, qualifiées d'affiliées à des groupes hostiles à la République islamique. Ces individus seraient accusés d'avoir pour mission de provoquer la violence lors des manifestations.
La situation économique en Iran est préoccupante. La monnaie nationale, le rial, a perdu plus d'un tiers de sa valeur face au dollar en un an. L'hyperinflation, qui dépasse les deux chiffres, fragilise le pouvoir d'achat des Iraniens depuis plusieurs années.
Selon le Centre de statistiques d'Iran, le taux d'inflation était de 52 % sur un an en décembre. Le mouvement de mécontentement actuel contre la vie chère est sans commune mesure avec celui qui avait secoué le pays fin 2022, suite à la mort de Mahsa Amini.
Les événements récents en Iran soulignent une tension croissante face à la cherté de la vie et à la répression des manifestations. La situation continue d'évoluer, et les autorités restent vigilantes face à tout débordement potentiel. Les Iraniens, quant à eux, vivent une période difficile marquée par des défis économiques et sociaux.