
Les récentes manifestations en Iran sont décrites comme une véritable "révolte" par le réalisateur iranien Jafar Panahi. Selon lui, ces événements visent à faire avancer l'histoire. Sur Instagram, il souligne que la douleur collective s'est transformée en un cri de ralliement dans les rues. Le peuple se lève non pas pour se plaindre, mais pour exiger un changement.
Les manifestations ont débuté il y a quatre jours, initiées par des commerçants de Téhéran, et ont rapidement été rejointes par des étudiants. Panahi, opposant au régime, affirme que cette révolte représente une volonté de persévérer et d'aller de l'avant. Il déclare que lorsque l'on n'a plus rien à perdre, la peur disparaît, et les voix s'unissent pour briser le silence.
Le cinéaste a lui-même été condamné à un an de prison pour "propagande" contre l'État. Il a déjà fait face à l'emprisonnement à deux reprises dans son pays. La situation actuelle est exacerbée par une hyperinflation et un marasme économique croissant.
Les manifestations ont pris de l'ampleur depuis leur déclenchement dans le plus grand marché de téléphones portables de Téhéran. Au troisième jour de ce mouvement, des protestations étudiantes ont éclaté dans au moins dix universités de la capitale et d'autres villes. Les agences de presse Irna et Ilna rapportent ces événements marquants.
Mercredi, un bâtiment gouvernemental à Fasa a été attaqué par plusieurs individus. Le chef du pouvoir judiciaire local, Hamed Ostovar, a confirmé cet incident sans établir de lien direct avec les manifestations. Les autorités ont également fermé écoles et banques dans la majorité du pays, en raison du froid et pour économiser l'énergie.
Ce mouvement contre la vie chère est, pour l'instant, sans commune mesure avec les grandes manifestations de fin 2022. Ces dernières avaient été déclenchées par la mort de Mahsa Amini, une jeune femme décédée en détention. Son décès, suite à une arrestation pour un voile mal ajusté, avait provoqué une colère massive, entraînant la mort de centaines de personnes, y compris des membres des forces de sécurité.
Les événements récents en Iran montrent une mobilisation croissante du peuple face à des conditions économiques difficiles. Les mots de Jafar Panahi résonnent comme un appel à l'unité et à la résistance. Alors que la révolte se poursuit, l'avenir du pays reste incertain, mais la détermination du peuple iranien semble plus forte que jamais.