
Israël a décidé de révoquer les licences de 37 organisations non gouvernementales internationales (ONGI) opérant à Gaza et en Cisjordanie. Cette décision intervient après que ces ONG n'ont pas respecté les exigences des nouvelles règles d'enregistrement. Parmi les agences touchées figurent ActionAid, Médecins Sans Frontières et le Conseil Norvégien pour les Réfugiés.
Les opérations de ces ONG cesseront dans les 60 jours suivant la suspension de leurs licences, prévue pour le 1er janvier. Israël a justifié cette décision en affirmant que les ONG n'avaient pas fourni de détails personnels complets concernant leur personnel, ce qui pourrait les mettre en danger.
Cette mesure a été condamnée par dix pays, dont le Royaume-Uni et la France, qui ont averti que cela aurait un impact sévère sur l'accès aux services essentiels à Gaza. Dans une déclaration conjointe, les ministres des Affaires étrangères ont souligné que les ONGI sont cruciales pour la réponse humanitaire dans la région.
Le chef humanitaire de l'Union européenne, Hadja Lahbib, a déclaré que les plans d'Israël pour bloquer les ONGI à Gaza signifiaient bloquer l'aide vitale. Elle a rappelé que le droit humanitaire international exige que l'aide parvienne à ceux qui en ont besoin. Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, a qualifié les suspensions d'ONGI d'outrageuses et d'arbitraires.
Le groupe humanitaire de l'ONU a appelé les autorités israéliennes à reconsidérer ces décisions, affirmant que les ONGI soutiennent la majorité des hôpitaux de terrain et des centres de santé à Gaza.
Le ministère israélien des affaires de la diaspora a déclaré que ces mesures n'affecteraient pas le flux d'aide humanitaire vers Gaza. Il a précisé que l'aide continuait d'être distribuée par des canaux approuvés, notamment des agences de l'ONU et des partenaires bilatéraux.
Les autorités israéliennes ont également précisé que les ONGI concernées n'avaient pas apporté d'aide à Gaza durant le cessez-le-feu actuel. Elles ont ajouté que leur contribution cumulée ne représentait qu'environ 1 % du volume total de l'aide.
Les ONG craignent que ces nouvelles règles d'enregistrement ne provoquent l'effondrement des opérations d'aide à Gaza. Médecins Sans Frontières a averti que la radiation par les autorités israéliennes bloquerait effectivement son action dans la région, où elle soutient de nombreux hôpitaux.
De plus, le Conseil Norvégien pour les Réfugiés a indiqué qu'il ne pourrait plus faire entrer de travailleurs humanitaires étrangers à Gaza, mais que son personnel local continuerait à soutenir les communautés autant que possible.
La situation humanitaire à Gaza est déjà précaire, et les mesures prises par Israël risquent de l'aggraver davantage. Les ONG jouent un rôle essentiel dans la fourniture d'aide, et leur suspension pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les populations vulnérables. Les appels à la réévaluation de ces décisions se multiplient, soulignant l'importance de l'accès humanitaire.