
Sur fond d’escalade régionale, le 7 mars 2026 a vu l’un des raids les plus spectaculaires depuis le début du conflit déclenché le 28 février. Dans la nuit, Israël a lancé une puissante frappe contre des cibles en Iran, tandis que Téhéran répliquait par drones et tirs visant des positions à l’étranger. Les grandes capitales arabes et les forces américaines restent sur le qui‑vive.
Plus de 80 avions de chasse de l'armée de l'air israélienne ont mené une nouvelle vague de frappes visant des infrastructures appartenant au régime terroriste iranien. L’armée israélienne a déclaré que cette attaque avait touché des sites militaires à Téhéran et dans le centre du pays, notamment une académie des Gardiens de la Révolution présentée comme une « installation d'urgence ».
Selon Tel‑Aviv, il s’agit de l’un des raids les plus importants depuis l’escalade fin février. Des explosions ont été entendues dans plusieurs quartiers de la capitale iranienne; la télévision d’État a rapporté des détonations sans préciser l’étendue des dégâts.
En miroir, Téhéran affirme avoir lancé « une vague massive d'attaques de drones » contre Israël et des positions américaines dans la région, citant parmi les cibles la base d’Al Minhad aux Émirats arabes unis, une implantation au Koweït et une « installation stratégique » en Israël. Les forces iraniennes ont aussi revendiqué des frappes contre des groupes qu’elles qualifient de menaces frontalières. « Trois sites de groupes séparatistes dans la région irakienne (du Kurdistan) ont été frappés (...) ce matin », ont indiqué les Gardiens de la Révolution iranienne.
Cette double dynamique — frappes aériennes israéliennes et offensives de drones iraniennes — a élargi l’empreinte du conflit au‑delà des frontières iraniennes. À Dubaï, une interception au‑dessus de l’aéroport a provoqué la chute de débris et un incendie localisé; le gouvernement local a parlé d’un « incident mineur » sans blessés. Des explosions similaires ont été entendues à Manama, la capitale du Bahreïn.
La nervosité se traduit aussi politiquement. Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe doivent tenir une réunion d'urgence par visioconférence à la demande du Koweït, de l'Arabie saoudite, du Qatar, d'Oman, de la Jordanie et de l'Égypte pour discuter des « attaques iraniennes contre les territoires de plusieurs pays arabes », a précisé Hossam Zaki, secrétaire général adjoint de l’organisation. De son côté, le prince Khaled ben Salmane, ministre saoudien de la Défense, a mis en garde l'Iran contre « toute erreur d'appréciation » et appelé à la sagesse.
La situation reste imprévisible : frappes massives d’un côté, ripostes multiformes de l’autre, et des capitales régionales prises dans l’incertitude. Le risque d’une contagion du conflit, avec des lignes d’affrontement dispersées sur plusieurs fronts, n’a jamais paru aussi élevé.