
L’armée israélienne dit vouloir créer une « zone tampon » au Liban pour protéger ses localités frontalières du Hezbollah. Cette annonce intervient alors que des soldats israéliens sont entrés dans des villages du sud libanais, déjà largement détruits lors du conflit de 2024, et ont pris le contrôle de « nouvelles positions ».
Le ministre de la Défense, Israël Katz, affirme que l’objectif est d’empêcher les attaques contre les communautés israéliennes proches de la frontière.
Israël soutient avoir démantelé une grande partie de l’arsenal du Hezbollah lors de la guerre qui s’est achevée en novembre 2024, et l’armée libanaise dit avoir désarmé le groupe au sud, entre le Litani et la frontière, distante d’environ 30 km. De leur côté, les responsables libanais ont été informés d’un projet israélien visant à contrôler une bande de 10 à 15 km de profondeur — information que les autorités n’ont pas officiellement commentée.
Depuis le début de la semaine, le Hezbollah a revendiqué des dizaines d’attaques par missiles et drones, y compris en profondeur sur le territoire israélien.
Israël a déjà instauré, de fait, des zones tampons le long de la frontière depuis le cessez‑le‑feu de 2024, et certains experts estiment qu’élargir cette zone est « plutôt réalisable ». En 1982, après une invasion, Tel‑Aviv avait maintenu une zone de sécurité de 10 à 20 km jusqu’au retrait de 2000; des responsables craignent qu’Israël cherche aujourd’hui à établir une ceinture de sécurité comparable dans le sud libanais.
Mais atteindre cet objectif implique d’importantes opérations au sol et la transformation de villages en terrain militaire — un processus qui, la dernière fois, a consisté en frappes aériennes massives, démolitions de maisons et défrichement de forêts et terres agricoles. Près de 90 000 personnes ont déjà été déplacées, selon les autorités libanaises. Israël vise à contrôler une bande côté libanais de 10 à 15 km, d’après des informations diplomatiques.
La facture humaine est immédiate: la plupart des habitants des localités frontalières n’ont toujours pas pu rentrer chez eux depuis 2024, la reconstruction n’a pas commencé, et la communauté internationale conditionne souvent l’aide au désarmement du Hezbollah. À court terme, les ordres d’évacuation et les incursions pèsent sur des centaines de milliers de personnes vivant au sud du Litani — soit près de 8 % du territoire libanais.
Sur le plan militaire, l’escalade s’accélère. À mesure que les troupes israéliennes avancent, le risque d’une résistance de type guérilla — pas seulement des combattants du Hezbollah mais aussi d’habitants — augmente, préviennent des analystes.
Le Hezbollah affirme déjà des affrontements « directs » avec des soldats israéliens près de la frontière; son leadership promet de répondre à « l’agression israélo‑américaine ». Pour plusieurs observateurs, la période de « retenue » du mouvement est terminée: le Hezbollah est désormais clairement entré en guerre, et la « zone tampon » est devenue un théâtre de confrontation plutôt qu’un simple cordon de sécurité.