
Emmanuel Macron a posé une condition nette à Téhéran : tant que le détroit d’Ormuz restera bloqué, aucune levée des sanctions ne sera envisagée. Cette mise en garde, destinée à faire pression sur l’Iran, a provoqué une réponse vive de l’opposition radicale.
Pour Jean‑Luc Mélenchon, la position du président est « inadmissible ». Selon lui, l’Iran se trouve en état de légitime défense parce qu’il est agressé par les États‑Unis et Israël, « agissant en dehors de tout mandat international ». Il rejette l’idée que Téhéran soit l’initiateur du blocus : « Ce n’est pas l’Iran qui bloque le détroit d’Ormuz mais la marine militaire des USA », affirme‑t‑il, ajoutant que la menace française reviendrait à légitimer le point de vue de Donald Trump et de Benjamin Netanyahou. « 90 % des pays du monde le refusent », insiste‑t‑il.
Emmanuel Macron a prévenu son homologue iranien qu'il n'y aurait aucune levée des sanctions tant que le détroit d'Ormuz resterait bloqué. Jean‑Luc Mélenchon appelle au retrait des forces américaines et israéliennes et à la formation d'un « front du refus », notamment avec l'Espagne.
Si Mélenchon devait gouverner, sa ligne serait claire et brutale : obtenir le retrait simultané des forces américaines et israéliennes. Il propose de constituer « un front du refus » — en citant l’Espagne comme alliée possible — pour rassembler les États opposés à cette escalade. Pour lui, la France a un intérêt national simple et ferme : défendre le droit international. À défaut, « la loi du plus fort l’emporte. Or nous ne sommes pas les plus forts », rappelle‑t‑il pour justifier une posture non alignée sur Washington ou Tel‑Aviv.
Interrogé sur un éventuel basculement vers la Russie ou la Chine, Mélenchon refuse la facilité. Il recommande la prudence : en Europe, on demande le retrait russe d’Ukraine, on ne peut donc pas « absoudre » Moscou au prétexte d’une autre crise. Quant à Pékin, il se montre sceptique sur sa volonté d’intervenir : « On perdrait notre temps, elle n’interviendra pas. » Surtout, il met en garde contre l’idée de remplacer une hégémonie par une autre — posture dangereuse et incohérente selon lui.
La dispute expose plus qu’un désaccord tactique : elle révèle un clivage sur la manière dont la France entend défendre ses intérêts sur la scène internationale — en s’alignant sur ses alliés stratégiques, ou en cherchant des voies de neutralité active fondées sur le droit international. Les prochains gestes diplomatiques diront si Paris optera pour la pression punitive promise par Macron ou pour la diplomatie plurielle et anti‑alignée que préconise Mélenchon.