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Jean-Michel Aulas en difficulté au débat municipal à Lyon

Jean-Michel Aulas au pupitre lors d’un débat municipal à Lyon, face à des élus assis dans la salle

Favori affiché, débat plus âpre que prévu

Favori sur le papier, Jean-Michel Aulas n’a pourtant pas vécu une promenade de santé lors du débat organisé sur BFMTV le 25 février 2026, où les quatre principaux candidats à la mairie de Lyon se sont affrontés. Malgré son statut d’outsider prestigieux issu du monde du football, il a été malmené à plusieurs reprises et contraint de défendre son positionnement face à des attaques précises.

Attaques ciblées et mise en cause de l'image de "société civile"

Les interventions de ses adversaires ont cherché à fissurer l’image qu’il revendique : ainsi, Grégory Doucet, le maire écologiste sortant, l’a accusé d’être « à côté de la plaque », tandis qu’Anaïs Belouassa-Cherifi, candidate de la France insoumise, l’a traité de « coquille vide ». De son côté, Alexandre Dupalais — soutenu par l’UDR et appuyé par le Rassemblement national — a résumé l’attaque en des termes crus : « À part de grandes dépenses non financées, personne n’a compris votre ligne politique. »

Réponse d'Aulas : se définir sans tomber dans le bras de fer

Plutôt que de céder à un bras de fer partisan, Jean-Michel Aulas a réaffirmé son positionnement de représentant de la société civile, renvoyant les critiques à l’origine de son ralliement par certains partis : « Je suis un représentant de la société civile, les partis se sont rangés derrière moi, malheureusement pour vous », a-t-il lancé à Dupalais. Il a complété sa défense en rappelant le rôle des appareils dans la construction de sa liste et de son programme, soulignant qu’ils « ont participé au même titre que la société civile ». Enfin, il a assuré disposer « de suffisamment de personnalités » pour ne pas être simplement « supporté » par les appareils politiques.

Des soutiens institutionnels lourds et un ancrage local solide

Les appuis affichés ne sont pas anecdotiques : officiellement, Les Républicains, Renaissance, Horizons, l’Union des démocrates et indépendants (UDI) et le MoDem figurent derrière sa candidature, ce qui lui confère une assise politique étendue. En parallèle, son ancrage local reste puissant après 36 années passées à la tête de l’Olympique lyonnais, une longévité qui lui a valu notoriété et popularité à Lyon.

Des sondages favorables malgré la contestation

Dans les enquêtes d’opinion, Jean-Michel Aulas conserve une avance confortable : les sondages lui donnent plus de dix points d’avance au premier tour et une large probabilité de l’emporter au second. Néanmoins, cette supériorité sur le papier ne l’exonère pas d’affronter des critiques assez virulentes pendant la campagne.

Une campagne assombrie par un drame local

Au-delà des joutes politiques, l’ambiance de la campagne est marquée par un deuil : après la mort de Quentin Deranque, « l’atmosphère est lourde » à Lyon, un drame qui secoue les débats et pèse sur les esprits des citoyens au moment où la ville se prépare à voter.

En dépit des attaques et d’un contexte émotionnel dense, la campagne à Lyon garde donc des lignes de fracture claires entre popularité, soutiens institutionnels et interrogations sur la nature exacte de la candidature défendue par Jean-Michel Aulas. La suite du scrutin dira si cette synthèse tiendra jusqu’au second tour.

Publié le : 25 février 2026
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