
Sept ans après les faits, Jérôme Rodrigues a appris que le policier soupçonné de l'avoir éborgné sera jugé. Cette annonce a été faite vendredi, confirmant une information de BFMTV. Rodrigues a exprimé sa satisfaction, bien qu'il reste méfiant et pense à tous les autres Gilets jaunes en attente de justice.
Le policier, Brice C., sera jugé pour violences volontaires ayant entraîné une mutilation. Ce crime est passible de quinze ans de réclusion criminelle. Le recours du policier a été rejeté, permettant ainsi l'ouverture du procès. Rodrigues, figure emblématique du mouvement des Gilets jaunes, souligne l'importance de cette décision après tant d'années d'attente.
Le 26 janvier 2019, lors d'une manifestation à Paris, Brice C. intervenait alors que des jets de projectiles étaient lancés sur les forces de l'ordre. L'utilisation d'un engin lanceur d'eau et de grenades lacrymogènes a été nécessaire. C'est durant cette intervention que Jérôme Rodrigues a perdu l'usage de son œil droit.
L'avocat du policier a soutenu qu'il agissait en légitime défense, affirmant que ses actions étaient justifiées par un contexte insurrectionnel. Cependant, les enquêtes ont montré que le groupe de Rodrigues n'était pas violent, ce qui a conduit les juges à considérer que l'usage de la force n'était pas justifié.
Gilles-William Goldnadel, l'avocat de Brice C., a exprimé son choc face à cette décision, la qualifiant de contraire aux faits. Le policier, toujours en fonction, se dit déçu mais combatif. Rodrigues, quant à lui, déplore l'absence de poursuites contre les donneurs d'ordre et l'absence d'une enquête parlementaire sur la violence des manifestations.
Il souligne également que plusieurs personnes ont été victimes de violences similaires. Au moins 23 personnes éborgnées ont été recensées durant le mouvement des Gilets jaunes, ce qui met en lumière l'ampleur des violences policières survenues à cette époque.
Le procès de Brice C. représente une étape importante pour Jérôme Rodrigues et les Gilets jaunes. Malgré les années d'attente, cette décision pourrait ouvrir la voie à une forme de justice. Rodrigues espère que ce procès permettra de mettre en lumière les violences subies et d'apporter des réponses à ceux qui attendent encore justice.