
Le journaliste français Raphaël Boukandoura a été interpellé ce lundi à Istanbul par la police. Cela s'est produit lors d'une manifestation organisée par le parti prokurde DEM contre l'offensive de Damas dans le nord-est de la Syrie. Cette information a été confirmée par le parti lui-même.
Le DEM, qui est la troisième force au Parlement turc, a indiqué que plusieurs membres du parti avaient également été interpellés. L'organisation Reporters sans Frontières (RSF) a confirmé à l'AFP la garde à vue du journaliste, correspondant pour plusieurs médias français, dont l'hebdomadaire Courrier international et le quotidien Ouest-France.
Ce rassemblement visait à protester contre l'éviction des combattants kurdes des régions qu'ils contrôlaient dans le nord de la Syrie. Après plusieurs jours de combats, l'armée syrienne s'est déployée dans les zones dont les forces kurdes se sont retirées. Cela a porté un coup sérieux aux espoirs d'autonomie des Kurdes.
Le parti DEM a dénoncé la mort de nombreux civils, y compris des femmes et des enfants, dans les quartiers à majorité kurde d'Alep, qualifiés de zones de guerre. Ces événements récents ont suscité une grande inquiétude au sein de la minorité kurde, qui représente environ 20 % de la population turque.
Alors que le gouvernement turc est engagé dans un processus de paix avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan, le DEM a dénoncé le sabotage de ces efforts. Ce parti partage plus de 900 km de frontière avec la Syrie, ce qui complique la situation.
RSF a appelé à la libération immédiate du journaliste, affirmant qu'il ne faisait rien d'autre que son devoir légitime en couvrant cette protestation. Erol Önderöglu, représentant de l'organisation de défense de la presse, a insisté sur l'importance de protéger les journalistes.
La situation à Istanbul met en lumière les tensions entre le gouvernement turc et la minorité kurde. L'interpellation de Raphaël Boukandoura souligne les défis auxquels sont confrontés les journalistes dans des contextes de conflit. Les appels à la libération du journaliste témoignent d'une préoccupation croissante pour la liberté de la presse en Turquie.