
Le 12 juin 2026, un juge de l’Audiencia Nacional a ouvert une pièce séparée du dossier Plus Ultra pour instruire l’ancien président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero au sujet de bijoux saisis dans son bureau. Les faits visés sont des délits fiscaux et de contrebande liés à ces objets, dont la provenance "en ces moments n'est pas justifiée", selon l’ordonnance judiciaire.
La valeur des bijoux saisis s'élève à 1 323 915 euros, selon l'expertise préliminaire. Le 19 mai, le bureau de l'ancien président du gouvernement a été perquisitionné.
Le magistrat José Luis Calama ordonne de notifier formellement l’imputation à Zapatero par son représentataire, et maintient la convocation déjà fixée aux 17 et 18 juin 2026 pour sa déposition. L’expertise détaille des pièces de haute joaillerie : un collier en or blanc 18 K et diamants estimé 278 000 euros, un autre collier 18 K avec treize saphirs à 220 000 euros, et un collier en V serti de diamants et cinq rubis à 155 000 euros. S’y ajoutent plusieurs bracelets (72 000–95 000 euros) et des paires de boucles d’oreilles (60 000–80 000 euros), plus de nombreuses autres pièces situées entre 1 000 et 60 000 euros; quelques montres et une bague en argent apparaissent pour des montants négligeables (50–100 euros ; 25 euros).
Pour le juge, la simple possession de biens de luxe d’un tel montant, sans "traçabilité fiscale", constitue un indice objectif de fraude. L’acquisition de ces bijoux aurait entraîné des obligations fiscales — TVA, impôt sur les transmissions, droits de succession ou IRPF selon le cas — et l’absence de justificatifs pourrait permettre à l’Agence tributaria d’imputer une plus-value patrimoniale non justifiée au titre de l’IRPF, taxée à un taux marginal d’environ 46 %. Calama estime qu’il existe "indicièrement" une possible fraude fiscale susceptible de dépasser le seuil typique de 120 000 euros, ce qui rendrait les faits pénalement pertinents au regard de l’article 305 du Code pénal.
Le magistrat pose aussi l’hypothèse d’un délit de contrebande. L’entrée, la détention ou la circulation sur le territoire national de bijoux d’un montant global d’environ 1,323,915 euros sans preuve du paiement des droits ou de tout document douanier "constitue un indice objectif" d’une possible introduction hors des circuits douaniers, et dépasse le seuil de 150 000 euros prévu pour la qualification pénale.
La création d’une pièce séparée vise à "simplifier et activer" la procédure, évitant selon la jurisprudence du Tribunal suprême l’"éléphantiasis" processuelle. Le juge précise que ces faits se lient, pour l’heure, uniquement à Zapatero ; il l’invite à produire les documents qui pourraient justifier l’acquisition licite ou l’importation régulière des objets saisis.