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Jusqu’où peuvent frapper les missiles de l’Iran ?

Missiles iraniens en vol au-dessus d’un paysage désertique, traînées lumineuses dans le ciel nocturne

Iran affiche sa fermeté malgré les frappes américaines et israéliennes

Sous les frappes des forces américaines et israéliennes, les autorités iraniennes cherchent à projeter une image de stabilité et de fermeté, multipliant les mises en scène de continuité alors même que les bombardements frappent encore plusieurs points du pays ce mardi.

Avertissements virulents à l'Europe et reproches adressés à l'ONU

Ce midi, le porte‑parole du ministère des Affaires étrangères a lancé des mises en garde sans équivoque à l'adresse de l'Europe et des institutions internationales, en affirmant que «le processus arrivera en Europe; si des pays européens pensent pouvoir rester les bras croisés, ils se trompent». Dans ces déclarations, Ismail Baghaei a ajouté que «le feu de cette guerre est très contagieux et enveloppera le monde entier, un feu initié par les États‑Unis et le régime sioniste», liant ainsi la responsabilité des violences à des acteurs extérieurs.

De son côté, le chef de l'ONU appelle à la retenue depuis le début des hostilités, estimant que la communauté internationale doit éviter une spirale incontrôlée ; António Guterres a souligné la nécessité de préserver les principes fondamentaux du droit international et de la sécurité collective.

Accusations croisées entre Téhéran et Doha

Les autorités iraniennes nient viser des États tiers et décrivent leurs frappes contre des bases américaines dans la région comme «des cibles soigneusement sélectionnées», mettant en avant une logique militaire circonscrite plutôt qu'une attaque territoriale généralisée.

Mais Doha nie formellement cette version: le porte‑parole qatari affirme que «l'Iran ne vise pas seulement des objectifs militaires, mais l'ensemble du territoire du Qatar», et accuse Téhéran de ne pas prévenir avant des lancements de drones dans son espace aérien. Selon le responsable qatari, «Attaquer le territoire du Qatar est une violation flagrante de sa souveraineté, une menace pour sa sécurité et un manquement au droit international», et il précise que des avions iraniens abattus après être entrés dans l'espace qatari «volaient en direction de Doha; ils sont donc devenus des cibles et nous tentons maintenant de localiser leurs équipages».

Mises en garde des capitales arabes et ripostes diplomatiques

Depuis Koweït‑City, les autorités ont qualifié d'«infâme et contraire au droit international» l'attaque de drones contre l'ambassade américaine, promettant «toutes les mesures nécessaires pour protéger sa sécurité, celle de ses citoyens et de ses résidents», et marquant ainsi une fermeté diplomatique destinée à dissuader de nouvelles frappes.

De leur côté, les responsables saoudiens ont condamné l'attaque contre l'ambassade américaine à Riyad comme une «répétition d'un comportement» iranien et ont mis en garde contre une escalade régionale, rappelant qu'ils n'autoriseraient pas l'usage de leur espace aérien pour frapper un voisin et posant ainsi des limites claires à toute extension du conflit.

Bilan chiffré des frappes et des interceptions

Pertes humaines et nombre d'engins lancés

Selon les autorités des Émirats arabes unis, trois personnes ont été tuées et les services locaux dénombrent, depuis samedi, le lancement de 186 missiles et de 812 drones, des chiffres qui donnent une mesure de l'intensité des hostilités dans le Golfe.

De même, Bahreïn indique avoir été la cible de 73 missiles et de 91 drones pendant la même période, tandis que, ce mardi encore, des missiles ont été interceptés au‑dessus de la Jordanie et qu'Oman a abattu deux drones, témoignant d'une dispersion des engagements au‑dessus et autour de la région.

Frappes au‑delà du Golfe et élargissement des théâtres d'opérations

Par ailleurs, des attaques attribuées à l'Iran ont visé des bases américaines dans plusieurs pays du Moyen‑Orient ainsi que des bases britanniques à Chypre, preuve que les opérations ne se limitent plus aux seules zones côtières du Golfe et touchent désormais des positions à portée régionale.

Une situation volatile que la communauté internationale tente de contenir

Dans ce contexte, les tensions se dilatent au‑delà des lieux des affrontements initiaux: la communauté internationale appelle au calme et multiplie les signes de préoccupation, tandis que les États touchés renforcent leurs défenses et se préparent, selon les cas, à répliquer ou à se protéger.

La situation demeure volatile et susceptible d'évolutions rapides; face à ce risque d'escalade, les prochains gestes diplomatiques et militaires seront déterminants pour la suite des événements.

Publié le : 5 mars 2026
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