
Une flambée soudaine de méningite secoue le Kent et oblige les autorités sanitaires à agir vite. Le nombre de cas investigués a bondi à 20, après 15 déclarés la veille, et le UK Health Security Agency (UKHSA) a qualifié la situation d'incident national pour faciliter l'approvisionnement en antibiotiques. Deux jeunes sont déjà morts et plusieurs autres sont hospitalisés — dont un bébé de neuf mois en réanimation à Londres.
Le nombre de cas investigués dans le Kent est passé à 20, dont neuf confirmés en laboratoire et six attribués au méningocoque B. Deux jeunes personnes sont mortes : Juliette Kenny, 18 ans, et un étudiant de 21 ans de l'Université du Kent.
Les enquêtes pointent vers le Club Chemistry, une boîte de nuit de Canterbury, comme origine probable de la chaîne de contamination. Des cas ont aussi été signalés à Londres et en France, et plus d'une douzaine de malades sont hospitalisés. Le délai d'incubation pouvant atteindre 14 jours, les autorités redoutent d'autres cas parmi les personnes ayant partagé boissons, cigarettes ou moments rapprochés en club.
Une situation sanitaire et logistique qui se complique par une pénurie de vaccins. L'association professionnelle National Pharmacy Association (NPA) annonce qu'il n'y a plus de stock de vaccins contre le méningocoque B disponibles à l'achat privé. « Les pharmacies comblent habituellement le vide entre ce que le NHS propose et ce que demandent les patients », explique Olivier Picard, président de la NPA. « Malheureusement, cette réserve est épuisée. Nos grossistes n'ont rien. »
Les pharmaciens locaux confirment une ruée. « Nous avons reçu entre 10 et 15 appels par jour, contre un ou deux auparavant », dit Amish Patel, pharmacien dans le Kent. Certaines officines ont fini par proposer des vaccins à prix élevés — des pratiques que le ministre de la Santé, Wes Streeting, a qualifiées de « totalement immorales » et qu'il a appelées à cesser. Boots et Superdrug ont mis en place des files d'attente et des listes d'attente en ligne, rappelant une « pénurie nationale ».
Le gouvernement répond sur deux fronts : antibiotiques massifs et vaccination ciblée. Le UKHSA lance un programme de vaccination « petit et ciblé » en raison de la gravité de l'épidémie, et Wes Streeting a demandé au Joint Committee on Vaccination and Immunisation d'examiner en urgence l'élargissement des critères d'éligibilité. Il insiste cependant que le risque pour le grand public reste « très faible » et rappelle que la transmission concerne surtout les contacts proches.
Une année « normale » au Royaume-Uni compte environ 350 cas de méningite, soit près d'un par jour. Les autorités disent suivre de près l'évolution et appellent au calme : ne pas céder au marché noir du vaccin, surveiller les symptômes et consulter rapidement en cas de fièvre, raideur de la nuque ou confusion.