
Depuis mi-décembre, une quarantaine de signalements a été recensée, dont onze ont nécessité des hospitalisations. Les autorités soupçonnent une contamination par des bactéries provenant d’un fournisseur chinois d’huile. Le ministère de la Santé a confirmé ces signalements liés à des effets néfastes suite à la consommation de laits infantiles rappelés.
Parmi ces cas, cinq enfants avaient consommé « avec certitude » un lot rappelé, tandis que pour six autres, un doute subsiste quant à la consommation du produit. Tous les enfants hospitalisés sont rentrés chez eux, a précisé le ministère lors d’un point presse.
Les enquêtes pénales à Bordeaux et Angers, suite à la mort de nourrissons ayant consommé des laits Nestlé rappelés, n’ont pas établi de lien direct entre les symptômes et les produits. Plusieurs industriels pointent du doigt un fournisseur d’ingrédient chinois, Cabio Biotech, suspecté de fournir une huile contaminée.
Cette huile, riche en oméga-6, pourrait contenir des bactéries Bacillus cereus, responsables de la production d’une toxine, la céréulide, provoquant vomissements et diarrhées. La détection de cette toxine est complexe, ce qui a conduit certains rappels à être effectués par précaution.
Actuellement, les autorités françaises ne disposent pas de la liste des établissements européens ayant reçu cette huile ARA. La Commission européenne a demandé à Cabio Biotech de fournir cette liste, mais celle-ci n’a pas encore été reçue. Le ministère de l’Agriculture a dû procéder à un recensement usine par usine.
Cinq usines en France, dont Nestlé, Danone, Lactalis et Nutribio, ont été identifiées comme ayant reçu cette huile ARA. De nouveaux rappels de lait infantile ont été annoncés, suite à l’abaissement du seuil pour la toxine responsable.
Malgré les nouveaux rappels, le ministère de l’Agriculture assure que « on ne se dirige pas vers une situation de pénurie de laits infantiles ». Les rappels restent modestes par rapport aux volumes commercialisés. La marque Popote a rappelé deux lots de lait infantile, tandis que Vitagermine a rappelé trois lots.
Les rappels ont débuté mi-décembre avec Nestlé, entraînant des décisions similaires à l’échelle mondiale. Les géants comme Danone et Lactalis sont concernés, ainsi que des acteurs plus petits de ce marché en pleine croissance.
L’association Foodwatch a déposé une plainte auprès du parquet de Paris, accusant les fabricants de laits infantiles d’avoir tardé à rappeler leurs lots suspects. De plus, l’Association pour la santé des enfants a saisi la justice pour obtenir des documents administratifs liés à la gestion de la crise sanitaire.
Des zones d’ombre persistent sur la chronologie des alertes et l’étendue réelle de la contamination. L’association souligne également le contrôle exercé sur les industriels, ce qui soulève des questions importantes pour la sécurité des consommateurs.
La situation autour des rappels de laits infantiles reste préoccupante. Les enquêtes se poursuivent pour déterminer l'origine de la contamination. Les autorités et les industriels doivent agir rapidement pour garantir la sécurité des consommateurs et restaurer la confiance dans les produits laitiers pour enfants.