
Le Conseil d’État a récemment rejeté le pourvoi d’une association qui demandait le retrait de plaques commémoratives à l’Hôtel de ville de Paris. Ces plaques utilisent des points médians, une pratique dénoncée par l’institution gardienne de la langue française. Ce rejet soulève des questions sur l'avenir de l'écriture inclusive en France.
Dans une décision rendue le 31 décembre, le Conseil d’État n’a pas abordé le fond du sujet. Cependant, il a confirmé le rejet du pourvoi d’une association qui avait demandé le retrait de plaques utilisant cette forme d’écriture. Cela fait suite à une demande faite en 2021 par l’association Francophonie Avenir à la maire de Paris, Anne Hidalgo.
L’écriture inclusive vise à promouvoir l’égalité des représentations entre les femmes et les hommes. Elle utilise des formes masculine et féminine d’un mot, souvent avec un point médian. Les plaques en question mentionnent « les président.e.s du Conseil de Paris » et « les conseiller.e.s de Paris ayant accompli plus de 25 ans de mandat ».
Les tribunaux administratifs, tant à Paris qu’en appel, ont estimé qu’aucun texte n’indique que l’écriture inclusive enfreint les règles de la langue française. Le Conseil d’État a également soutenu cette position, affirmant que l’écriture inclusive reste une forme de français, même si elle utilise une graphie différente.
En réponse à cette décision, l’Académie française a exprimé son opposition à l’écriture inclusive. Selon elle, les points médians nuisent à la lisibilité et à l’esprit de la langue française. L’Académie considère que cette forme d’écriture porte atteinte à la dimension patrimoniale de la langue.
Dans un communiqué, l’Académie a élevé une protestation solennelle contre la décision du Conseil d’État. Fondée en 1635 par le cardinal de Richelieu, l’Académie a pour mission de garantir la pureté et l’éloquence de la langue française, en établissant des règles claires.
Le rejet du pourvoi par le Conseil d’État souligne les tensions autour de l’écriture inclusive en France. Alors que certaines institutions, comme l’Académie française, s’y opposent fermement, d'autres continuent à défendre son utilisation. Cette situation met en lumière les débats en cours sur l’évolution de la langue française et son adaptation aux enjeux contemporains.