
Le Bangladesh est à un tournant politique majeur avec l'élection de Tarique Rahman comme nouveau Premier ministre. Après une victoire écrasante du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), beaucoup se demandent si ce changement peut réellement apporter une transformation dans le pays. L'histoire politique du Bangladesh est marquée par des alternances de pouvoir, mais cette fois, le contexte semble différent.
Le BNP, dirigé par Tarique Rahman, fait face à un défi de taille : restaurer la démocratie après une décennie de pouvoir autoritaire sous Sheikh Hasina. Les jeunes Bangladais, qui ont participé à l'insurrection de juillet 2024, exigent des changements significatifs. Ils ne veulent plus des promesses non tenues des précédents gouvernements.
Les déclarations de Rahman sur la nécessité de rétablir les institutions démocratiques ont suscité de l'espoir. Cependant, le scepticisme persiste, car l'histoire du pays est jalonnée de promesses non tenues par les partis au pouvoir. La restauration de l'ordre et la lutte contre la corruption seront cruciales pour le nouveau gouvernement.
Le nouveau gouvernement doit faire face à des enjeux économiques considérables. La réduction des prix alimentaires et la création d'emplois pour la jeunesse sont des priorités. La sociologue Samina Luthfa souligne que tous les partis, y compris le BNP, manquent d'expérience dans la gestion du pays, ce qui complique la situation.
En parallèle, la sécurité est un autre défi majeur. Depuis le départ de Hasina, la violence a marqué la période de transition. Le nouveau gouvernement doit établir un climat de confiance pour apaiser les tensions et garantir la sécurité des citoyens.
Les jeunes Bangladais, comme Tazin Ahmed et Tahmina Tasnim, qui ont participé à l'insurrection, exigent une unité nationale et un engagement réel envers la stabilité économique. Ils sont déterminés à ne pas laisser les choses revenir à la normale sans changements significatifs.
Par ailleurs, la question de la représentation des femmes en politique reste préoccupante. Moins de 4% des candidats étaient des femmes. Les militantes, qui ont été actives lors de l'insurrection, demandent maintenant une meilleure représentation et des politiques qui répondent à leurs besoins.
Le BNP a promis de restaurer les institutions démocratiques, mais l'ombre de la crédibilité du parti d'Hasina pèse sur le processus. La possibilité d'un retour de l'Awami League dans la politique est incertaine. Les accusations de violence et d'abus de pouvoir compliquent leur retour.
La situation politique au Bangladesh est fragile. Les promesses de changement doivent être suivies d'actions concrètes pour regagner la confiance du peuple. Les défis économiques et sociaux nécessitent une attention immédiate pour éviter un retour à la violence.
Le Bangladesh se trouve à un moment charnière de son histoire politique. Avec Tarique Rahman à la tête du gouvernement, l'espoir d'un changement est palpable, mais la route sera semée d'embûches. La clé du succès réside dans la capacité du nouveau gouvernement à répondre aux attentes de la population et à restaurer la démocratie dans le pays.