
Le nouveau magasin Cultura, installé en périphérie sud de Perpignan, ne pourra pas ouvrir ses portes ce jeudi 12 février. Cette décision ne résulte pas des conditions météorologiques, mais d'une ordonnance judiciaire imposée par le tribunal. La plainte émane de neuf commerçants du centre-ville, notamment des libraires et des magasins spécialisés dans les loisirs créatifs.
Ces commerçants estiment que l'ouverture de Cultura est non seulement abusif, mais également anticoncurrentiel. Le tribunal a examiné si Cultura aurait dû consulter la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) avant son ouverture le 16 septembre dernier. La réponse du tribunal est claire : oui.
Le tribunal a jugé que le bâtiment, qui accueillait auparavant un commerce unique, a été modifié pour abriter deux commerces avec des entrées contiguës. Cela constitue un ensemble commercial nécessitant une autorisation de la CDAC. Me Mathieu Pons-Serradeil, représentant des plaignants, souligne que cette décision pourrait être une première en France.
Il explique que cette situation pourrait résulter d'un manque de précédents juridiques ou d'un investissement important sans les autorisations requises. Il déplore également les méthodes de cow-boy utilisées dans ce dossier.
Élisa Iglésias, gérante de la librairie Torcatis, exprime son soulagement face à cette décision. Elle considère que la justice a fait son travail en rappelant que l'installation d'un commerce ne peut se faire sans respecter les règles. Selon elle, les neuf commerçants représentent entre 50 et 60 emplois.
De son côté, Baptiste Driot, directeur du développement de Cultura, se dit abasourdi par cette décision. Il indique que l'entreprise envisage de faire appel. En attendant, les 25 salariés du magasin continueront à être rémunérés, même si cela pourrait signifier un chômage partiel pour ceux en CDI durant la procédure.
Me Mathieu Pons-Serradeil estime que la procédure pourrait prendre jusqu'à une année. Pendant ce temps, les commerces de centre-ville ont remporté une victoire contre les grands acteurs de la périphérie. Cette affaire soulève des questions importantes sur la concurrence et l'équité dans le secteur commercial.
La suspension de l'ouverture de Cultura met en lumière les tensions entre les commerçants du centre-ville et les grandes surfaces périphériques. Cette décision judiciaire pourrait avoir des répercussions durables sur le paysage commercial de Perpignan et au-delà. Les acteurs du marché devront naviguer avec prudence dans ce nouvel environnement juridique.