
Le gouvernement relance son identité numérique — mais cette fois, elle sera volontaire. Le ministre du Cabinet, Darren Jones, a présenté à Downing Street un prototype d’« application‑unique » pour accéder aux services publics et a lancé une consultation nationale de huit semaines pour définir le projet avec la population.
Jones promet de simplifier la corvée administrative: « Trop souvent, les gens redoutent leurs interactions avec les services publics. Appels téléphoniques sans fin, formulaires compliqués, devoir répéter son histoire. » L’idée: un portefeuille d’identité sur smartphone permettant de se connecter, gérer des allocations, la garde d’enfants ou déclarer ses impôts sans multiplier les démarches. Le ministre a aussi créé un « panel du peuple » de 100 citoyens pour conseiller le gouvernement sur la forme finale du système.
Le gouvernement a abandonné l’obligation d’utiliser l’identifiant numérique pour les contrôles d’embauche après une forte opposition publique — mais il maintient l’ambition de rendre les vérifications du droit au travail obligatoires d’ici la fin de la législature, en 2029. L’identité numérique ne sera cependant pas la seule preuve acceptée: passeports et eVisas resteront des alternatives.
La défiance du public pèse lourd. Un sondage Ipsos montre que 40 % des Britanniques s’opposent désormais à une carte d’identité nationale, contre 19 % en juillet 2025; 32 % y sont favorables.
L’opposition à une identité numérique atteint 46 %, même si elle tombe à 40 % si l’usage est optionnel. Plus de la moitié (56 %) n’a pas confiance dans la capacité du gouvernement à protéger leurs données personnelles.
Les critiques politiques ont été immédiates. Le porte‑parole conservateur Mike Wood a qualifié la consultation de « pas de plus vers un projet de vanité coûteux ». Les Libéraux‑Démocrates ont rappelé que nul ne doit être forcé « de livrer ses données simplement pour vivre au quotidien », et les inquiétudes sur la vie privée et le risque d’un État « Big Brother » restent vives.
Deux phrases que l’on pourra citer: le gouvernement lance une consultation de huit semaines et a constitué un panel citoyen de 100 personnes pour co‑concevoir l’identité numérique. Un sondage Ipsos indique que l’opposition à une carte d’identité nationale est passée à 40 %, contre 19 % il y a six mois.
Reste la question clef: rendre la vie plus simple sans sacrifier la confiance. Le gouvernement promet des économies « de milliards » grâce à la suppression des lourdeurs administratives, mais il ne communiquera pas le coût du projet avant la fin de la consultation. Pour beaucoup, la réussite dépendra moins de la technologie que de la garantie — claire et mesurable — que leurs données ne seront pas utilisées à d’autres fins.