
Téhéran annonce une percée qui rassure les marchés : le détroit d'Ormuz est « déclaré complètement ouvert » pour la durée du cessez‑le‑feu, a écrit le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, sur X. L'annonce a fait chuter les prix du pétrole, fait baisser modérément le dollar et a dopé les indices boursiers quelques minutes après la publication.
Donald Trump a salué l'information sur Truth Social, affirmant que le passage est « complètement ouvert et prêt pour les affaires », mais il a précisé que le blocus naval annoncé par Washington resterait « pleinement en vigueur à l'égard de l'Iran » tant que « notre transaction avec l'Iran » ne serait pas « complétée à 100 % ». « Ce processus devrait avancer très rapidement, car la majorité des points sont déjà négociés », a ajouté le président américain.
Abbas Araghchi a déclaré sur X que le détroit "est déclaré complètement ouvert" pendant le reste du cessez‑le‑feu. Le geste iranien intervient après une escalade qui a mené, quelques jours plus tôt, Washington à annoncer un blocus naval d'Ormuz. Téhéran avait de fait fermé le détroit pendant plusieurs semaines en riposte aux frappes américaines et israéliennes sur son territoire, perturbant le trafic maritime dans la zone la plus stratégique du Golfe.
Ce fragile cessez‑le‑feu, négocié avec l'intervention de pays comme le Pakistan, vise à transformer un répit tactique en accord plus large : les discussions portent sur des garanties de navigation dans le détroit et sur des engagements concernant le programme nucléaire iranien. Les deux camps espèrent que ces points permettront de stabiliser la région, mais aucun texte définitif n'a encore été rendu public. Le détroit d'Ormuz transporte environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
La géographie d'Ormuz explique pourquoi chaque mot échangé à Téhéran ou à Washington a des conséquences financières immédiates : passage étroit, voies maritimes concentrées, capacité limitée à contourner un blocage. Pendant les semaines de fermeture de facto, l'Iran a montré qu'il pouvait faire fléchir les marchés en entravant sélectivement des navires, provoquant des pointes de prix.
Pour l'instant, l'annonce apaise les traders mais ne balaie pas les risques politiques. Le blocus américain, tel que formulé par la Maison‑Blanche, pourrait rester opérationnel selon son interprétation de « l'égard de l'Iran », tandis que la diplomatie continue de négocier un accord qui liera navigation, sécurité et nucléaire. La stabilité du Golfe dépend désormais autant des compromis à table que du passage des pétroliers dans ce bras de mer étroit.