
Les combats se sont ravivés sur plusieurs fronts, avec des frappes qui font des dizaines de victimes et menacent de faire dérailler une trêve fragile. Au Liban, des raids israéliens ont tué au moins onze personnes et en ont blessé 21, a indiqué le ministère de la Santé. Une attaque à l’aube a frappé un immeuble à Saïda, tuant cinq personnes; une autre a touché une voiture en mouvement, faisant six morts, dont deux enfants et leurs parents.
La violence ne se limite pas au Liban. L’armée israélienne a annoncé la mort de la sergente Rotem Yanaï, 20 ans, tuée par un drone explosif du Hezbollah près de la frontière libanaise. Sa mort porte à 24 le nombre de soldats israéliens tués depuis début mars.
Les États‑Unis et l’Iran se sont également engagés dans une escalade militaire directe, rompant la trêve nouée début avril. Les forces américaines ont abattu quatre drones iraniens et frappé une « station de contrôle au sol à Bandar Abbas » qu’elles accusaient de préparer un cinquième drone, a déclaré un responsable américain souhaitant rester anonyme. Les Gardiens de la révolution affirment avoir riposté en visant une base américaine, selon la télévision d’État Irib.
« L’Iran prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre sa souveraineté nationale », a déclaré le porte‑parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, en condamnant ce qu’il qualifie de « violations » du cessez‑le‑feu par Washington. Le ministre du Trésor américain a pour sa part annoncé des sanctions contre la nouvelle Autorité iranienne du détroit du golfe Persique, accusée de taxer le trafic dans le détroit d’Ormuz — une démarche que Washington qualifie de tentative d’extorsion économique en lien avec l’opération dite « Epic Fury », lancée le 28 février.
Les répercussions économiques ont été immédiates : le baril de Brent a grimpé de 3,83 % à 97,20 dollars et le WTI a gagné 3,98 % à 92,21 dollars vers 06h00 (heure de Paris), tandis que les Bourses asiatiques reculaient, inquiètes d’un blocage prolongé du détroit d’Ormuz. La mer elle‑même est devenue un champ de tension.
La télévision d’État iranienne affirme que ses forces ont tiré des coups de semonce contre quatre navires tentant de traverser le détroit d’Ormuz sans coordination, les forçant à rebrousser chemin. Le Koweït a de son côté signalé des attaques de missiles et de drones après l’annonce des frappes américaines contre le sud de l’Iran.
Sur le plan diplomatique, la chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas a mis en garde : « Ils se trouvent, à ce moment même, dans cette zone très dangereuse entre la guerre et la paix, et il n’est dans l’intérêt de personne que cette guerre continue. » Les négociations entre Téhéran et Washington restent laborieuses, et chaque nouvelle frappe rend un accord plus difficile à atteindre.