
Le cœur militaire du Hezbollah serait désormais encadré par des officiers iraniens, en vue d’un affrontement régional si les États‑Unis frappent l’Iran. Ces officiers du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sont arrivés au Liban et supervisent la reconstruction des capacités du mouvement chiite, affaiblies par 14 mois de combats qui se sont soldés par une trêve en novembre 2024.
Des officiers du CGRI sont arrivés au Liban et encadrent désormais les forces du Hezbollah pour les préparer à une guerre. Au moins douze personnes ont été tuées et une cinquantaine blessées lors de frappes israéliennes récentes dans la Békaa, où un chef de terrain du Hezbollah a été tué.
Les nouveaux encadrements iraniens n’ont pas seulement un rôle logistique : ils briefent sur le terrain les unités de la milice, notamment les unités de missiles. Ces réunions ont eu lieu dans la Békaa, une vallée déjà frappée par des raids aériens israéliens qui, selon l’armée israélienne, visaient des centres de commandement du Hamas et du Hezbollah. L’objectif affiché d’Israël est clair : dégrader aujourd’hui ce qui pourrait frapper Israël demain.
Depuis Washington, la pression monte. Le président Donald Trump a concentré des forces dans la région et multiplié les avertissements contre Téhéran, mêlant condamnation de la répression des manifestations et inquiétudes sur le programme nucléaire.
Il a donné à l’Iran un délai de l’ordre de dix à quinze jours pour répondre à des pourparlers indirects ; un responsable américain a précisé que ce délai « n’est pas scientifique ». Trump exige l’arrêt complet de l’enrichissement nucléaire, tout en laissant la porte ouverte à une « capacité symbolique » résiduelle.
La chaîne de riposte envisagée par les belligérants est déjà dessinée : Israël s’attend à être ciblé si les États‑Unis frappent l’Iran. Les forces de missiles du Hezbollah, soutenues par les cadres iraniens, seraient prêtes à frapper, conjointement avec d’autres milices pro‑iraniennes en Irak et avec les Houthis du Yémen, selon des informations militaires. En réponse, l’armée israélienne dit avoir préparé des plans pour frapper « significativement » le Hezbollah si ce dernier intervient.
Sur le plan intérieur libanais, l’équation est explosive. Des voix politiques réclament que Beyrouth décrète sa neutralité et refuse que le pays soit entraîné dans une guerre qui ne serait pas la sienne. Depuis janvier 2025, le président Joseph Aoun — soutenu par les États‑Unis et l’Arabie saoudite — a martelé l’exigence d’un monopole d’État sur les armes, une mise en garde implicite envers l’arsenal du Hezbollah.
Naim Qassem, numéro deux du Hezbollah, a averti que le mouvement « ne resterait pas neutre » si les États‑Unis frappaient l’Iran, sans toutefois lancer une menace explicite contre Israël. Entre officiers iraniens sur le sol libanais, frappes israéliennes régulières et menaces de riposte multiple, la région reste à un pas d’un embrasement plus large.