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La Lituanie appelle à des mesures d’urgence contre la Russie

Drapeau de la Lituanie flottant devant un bâtiment officiel, avec drapeau russe en arrière-plan flou

Le spectre de Tchernobyl au cœur des commémorations et des chancelleries

Quarante ans après l’explosion de la centrale, le spectre de Tchernobyl revient hanter les discours et les chancelleries. Le 26 avril 1986, l’explosion de la centrale de Tchernobyl a provoqué la pire catastrophe nucléaire civile de l’histoire. Aujourd’hui, les commémorations se mêlent à l’inquiétude : Kiev et plusieurs pays européens accusent la Russie d’« instrumentaliser » l’énergie nucléaire à des fins militaires.

Alerte ukrainienne: drones, collisions et 'terrorisme nucléaire'

Volodymyr Zelensky n’a pas ménagé ses mots : « La Russie est une nouvelle fois en train de mener le monde au bord d’une catastrophe », a-t-il déclaré en rappelant que des drones russes survolaient régulièrement la centrale et qu’un de ces appareils avait percuté son enceinte de protection en 2025. Un drone a percuté l’enceinte de protection de la centrale en 2025. Pour le président ukrainien, ces actions relèvent d’un « terrorisme nucléaire » qu’il juge indispensable d’empêcher par des pressions internationales.

Appels européens et ciblage de Rosatom

La Lituanie a saisi le fil de cette alarme. Gitanas Nauseda appelle à des mesures « de toute urgence » contre la Russie et demande notamment de sanctionner Rosatom, l’entreprise publique russe du nucléaire. « Nous ne devons pas laisser l’histoire se répéter », a-t-il écrit sur X, insistant pour que la communauté internationale agisse vite face à ce qu’il considère comme une militarisation du secteur atomique.

Foi publique et mise en garde morale

Le climat politico-moral se charge aussi ailleurs. Le pape Léon XIV, âgé de 70 ans, a appelé à utiliser l’énergie atomique « qu’à des fins pacifiques » lors de la prière du Regina Caeli, qualifiant la catastrophe de Tchernobyl d’avertissement pour l’humanité. Ces propos résonnent face à la tension : d’un côté, la mémoire d’une catastrophe civile ; de l’autre, l’angoisse d’une menace renouvelée par les conflits actuels.

Incidents parallèles et bilan humain

D’autres événements ont ponctué la journée. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a condamné la fusillade survenue lors d’un gala de la presse à Washington auquel assistait Donald Trump, qualifiant ces violences d’« injustifiables ». Par ailleurs, le gouverneur de la région rapporte deux morts dans l’oblast de Zaporijia, rappelant que le théâtre des opérations sanitaires et civiles reste meurtri.

Enfin, les images de la zone d’exclusion — devenue quasi sauvage depuis 1986 — continuent d’alimenter la réflexion publique sur le risque nucléaire et l’empreinte des erreurs humaines. À l’heure où les commémorations mêlent mémoire et peur, les appels au contrôle et à la responsabilité se multiplient : pays et institutions ont désormais à décider s’ils renforcent les garde-fous ou s’ils acceptent de jouer avec un héritage que personne ne souhaitait transmettre.

Publié le : 26 avril 2026
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