
Impossible de passer à côté. Les panneaux publicitaires sur les parkings de la zone commerciale de Saint-Maximin (Oise) annoncent clairement l’événement. Février est le mois de la reprise chez Cultura, ou plutôt de la « Grande reprise ». L’édition 2026 de cette opération se déroule jusqu’au 9 mars et certains clients l’attendaient avec impatience.
« Je savais que ça commençait aujourd’hui, le lundi 9 février, et je suis venue de Pontpoint pour ça », confie Marie-Odile, son sac de livres sous le bras. À l’entrée du magasin, elle suit consciencieusement la procédure de reprise. « J’ai d’abord passé ma carte Cultura avant de rentrer les informations de ma carte d’identité », détaille-t-elle.
Marie-Odile sait qu’elle recevra par mail le montant versé sur sa carte-cadeau. Pour cela, elle doit scanner le code-barres des quatre livres en format poche qu’elle revend. La borne valide « Éteignez tout et la vie s’allume » de Marc Levy et « Mémé dans les orties » d’Aurélie Valognes, mais refuse « A quelques secondes près » d’Harlan Coben et « Vous plaisantez monsieur Tanner » de Jean-Paul Dubois.
« Je ne comprends pas vraiment comment le choix de reprise est fait », indique Marie-Odile. Elle affiche une légère déception en voyant que ses deux livres repris ne lui rapporteront « que » 38 centimes de gain sur sa carte cadeau. « Ils sont quasi neufs, ils auraient pu les reprendre un peu plus cher », confie-t-elle.
Françoise, quant à elle, n’a pas d’états d’âme. Les livres, elle les consomme quasiment tous d’occasion. « Il suffit d’être patiente et on arrive à avoir des nouveautés », assure-t-elle. Elle mentionne aussi qu’elle en redonne beaucoup, car ses bibliothèques ne sont pas extensibles. « J’aime l’idée de donner une deuxième vie à un livre », ajoute-t-elle.
Hélène Charles, la directrice du magasin Cultura Creil-Saint-Maximin, observe le manège des clients à la borne de reprise. « C’est un rendez-vous important pour eux », assure-t-elle. Les clients savent qu’ils ont certains livres qu’ils ne reliront pas, et les rayons littérature et polars sont les plus prisés.
Pour rendre la reprise plus fluide, Cultura a mis en place l’application Cultura-Je revends, qui permet de scanner les livres à domicile. « Les clients n’ont plus besoin de se déplacer pour savoir si on va reprendre leurs livres et à quel prix », souligne Hélène Charles.
Concernant les tarifs de reprise, la directrice explique n’avoir « aucun contrôle ». « Le livre doit être en bon état, pas stabiloté ni annoté, mais c’est la borne qui détermine le prix », précise-t-elle. Ce prix est calculé en fonction du nombre de reprises enregistrées pour l’ouvrage.
S’il y a trop de livres en stock, un ouvrage ne sera pas repris, même si généralement, toutes les nouveautés sont acceptées. L’an dernier, sur l’ensemble des Cultura, ce sont 600 000 produits qui ont été repris. Cette année, en plus des livres, des DVD, des vinyles et des jeux vidéo, Cultura reprend aussi les jeux de société.
« Dans chaque rayon, on a un logotype vert pour les produits d’occasion », précise Hélène Charles. On trouve des livres d’occasion en bac avec un prix d’appel, mais aussi en interclassement, à côté du livre neuf.
Pascal, un collectionneur de BD, adore l’interclassement. Il apprécie de voir « au premier coup d’œil » les ouvrages d’occasion à vendre. « J’ai plusieurs séries de BD en cours que je complète avec de l’occasion », explique-t-il en feuilletant « Le monde sans fin » de Christophe Blain, vendu en occasion.
Lorsqu’il travaillait à Paris, il se rendait chez Gibert. « Je retrouve un peu le même esprit même si la ristourne a l’air moins avantageuse », conclut-il. Cette passion pour les livres d'occasion illustre bien l'attrait croissant pour la durabilité dans la consommation.
La Grande reprise chez Cultura est un événement marquant pour de nombreux clients. Avec des initiatives comme l’application Cultura-Je revends et une attention particulière à l'état des livres, Cultura facilite la reprise. Ce processus témoigne d'un intérêt croissant pour les livres d'occasion et la durabilité dans la culture de consommation.