
Sergio Nasarre, catedrático de Droit Civil à l'Université Rovira i Virgili, a une réputation bien établie dans le domaine de l'économie immobilière. En 2004, il a publié une thèse qui a anticipé le collapse du marché des titres hypothécaires. Dans une interview, il évoque les défis actuels du marché immobilier en Espagne et les politiques qui ont échoué à résoudre ces problèmes.
Selon Nasarre, l'accès à la logement est devenu un enjeu économique majeur pour les Espagnols. Il souligne que ce besoin fondamental est comparable à celui de se nourrir ou de se loger, comme l'indique la Pyramide de Maslow. Malgré des années de crise, les solutions mises en place n'ont pas eu l'effet escompté, laissant de nombreuses familles dans une situation précaire.
Il déplore que, après 17 ans de crise financière, la situation reste inchangée ou même aggravée. Les politiques mises en œuvre, selon lui, ne répondent pas aux besoins réels des citoyens. Nasarre fait le constat que l'absence de politiques cohérentes a conduit à un marché du logement en détresse.
Nassaré critique les politiques de logement actuelles qu'il qualifie d'erratiques et incohérentes. Il affirme que les décisions prises par l'État ne tiennent pas compte des besoins des communautés autonomes ni des municipalités. De plus, il prévoit que l'Europe interviendra avec le Affordable Housing Plan, mais sans cohérence dans ses dispositions.
Il souligne également qu'aucune loi solide n'a été adoptée pour réguler le marché immobilier, ce qui a conduit à une situation où les familles à revenu moyen ne peuvent plus accéder à la propriété. Les lois récentes, selon lui, ont aggravé le problème en rendant l'accès à la financement plus difficile pour ces familles.
Nasarre s'interroge sur l'impact des politiques qui favorisent le location plutôt que l'achat. Il affirme que les restrictions à l'accès au crédit forcent de nombreuses familles à se tourner vers un marché locatif plus cher et moins stable. Ce phénomène est préoccupant, car la location a toujours été plus coûteuse que l'achat en Espagne.
Il souligne que cette situation entraîne un surendettement des familles, en particulier dans les pays qui privilégient le marché locatif. Selon lui, il est crucial de réévaluer ces politiques pour éviter de concentrer la propriété entre les mains de quelques investisseurs.
Nasarre critique la récente proposition du gouvernement d'accorder une bonification de l'IRPF aux propriétaires qui gèlent les loyers. Il estime que cette mesure, bien que positive, n'est pas suffisante pour résoudre les problèmes structurels du marché locatif. La sécurité juridique est, selon lui, le véritable problème à adresser.
Il met en lumière les défis liés à l'occupation illégale et à la difficulté d'expulsion, qui créent un climat d'insécurité pour les propriétaires. Pour Nasarre, tant que ces problèmes ne seront pas résolus, les mesures fiscales resteront inefficaces.
Concernant l'initiative Casa 47, Nasarre exprime des doutes quant à sa viabilité. Il rappelle que des projets similaires, comme la Société Publique de Location, ont échoué par le passé. Casa 47, financée par l'État, cherche à couvrir un besoin immense, mais il s'interroge sur l'efficacité de cette approche.
Il évoque les dangers d'adopter un modèle nordique, qui a conduit à un surendettement des familles. Dans ces pays, les expulsions sont fréquentes, même pour les ménages vulnérables, ce qui soulève des inquiétudes quant aux conséquences d'une telle politique en Espagne.
En conclusion, Sergio Nasarre met en lumière les défis complexes du marché immobilier en Espagne. Il appelle à une réévaluation des politiques actuelles pour mieux répondre aux besoins des familles. Selon lui, il est impératif de trouver des solutions durables pour garantir un accès équitable à la logement et éviter une crise encore plus profonde à l'avenir.