
Le sujet du logement provoque de nouveau des tensions entre les deux partenaires de la coalition gouvernementale. Sumar a annoncé qu'il ne soutiendra pas les bonifications fiscales pour les propriétaires, récemment proposées par Pedro Sánchez, en échange d'un gel des loyers. Yolanda Díaz a qualifié cette mesure de "grave erreur", affirmant qu'il s'agit de "donner de l'argent public aux rentiers".
Cette division au sein de l'exécutif, qui dure depuis deux ans, se manifeste par des divergences sur les politiques de logement. Lorsque le PSOE propose des initiatives dans son domaine de compétence, cela entraîne souvent des confrontations. Le PSOE, avec le ministère du Logement, cherche à inciter à la baisse des loyers via des incitations fiscales, une approche que Sumar rejette catégoriquement.
Sumar exige une intervention plus drastique sur le marché locatif. Cela inclut des mesures telles que le contrôle direct des prix ou l'obligation de renouveler les baux sans augmentation de loyer. Cette tension s'est intensifiée depuis septembre, lorsque Sumar a décidé de défier ouvertement le ministère de Isabel Rodríguez.
Sumar a même rédigé un projet de décret-loi pour des politiques plus "ambitieuses" que celles du PSOE. Malgré cette pression, le secteur socialiste reste pour l'instant indifférent aux propositions de Sumar. Le récent annonce de Sánchez a ravivé le conflit, incitant Yolanda Díaz à déclarer que "la proposition du PSOE n’aura pas notre soutien".
Pablo Bustinduy, ministre des Droits Sociaux et porte-parole de Sumar sur les questions de logement, a qualifié la proposition de Sánchez d’"inefficace" et "injuste". Il a demandé au PSOE de reconsidérer sa position et d'obliger les propriétaires à prolonger les baux. "La prorogation des baux doit être un droit pour les familles espagnoles", a-t-il souligné.
Il a également rappelé que des mesures similaires avaient été mises en place durant la pandémie et en raison de la guerre en Ukraine. Bustinduy a plaidé pour une intervention urgente sur le marché locatif, en soulignant le besoin de protéger les familles face à la hausse des loyers.
Les ministres de Sumar ont exprimé leur désaccord avec les mesures proposées par le PSOE. Mónica García, ministre de la Santé, a déclaré que "se limiter à des mesures obsolètes comme les incitations fiscales ne résoudra pas la crise du logement".
Lara Hernández, coordinatrice de Sumar, a également critiqué l'idée de "donner des cadeaux fiscaux aux propriétaires". Elle a réaffirmé l'engagement de Sumar à mettre en œuvre des mesures concrètes pour aider les 600 000 familles touchées par cette situation.
Podemos a également exprimé son opposition aux mesures de Sánchez, annonçant un vote contre. Irene Montero a déclaré : "Les rues doivent s'enflammer" en raison de la gravité de la crise du logement. Le parti exige des actions immédiates pour abaisser les prix des loyers et interdire les locations touristiques.
Pour Podemos, la priorité du gouvernement semble être de protéger les intérêts des rentiers plutôt que de répondre aux besoins des locataires. Ils soutiennent qu'il est possible d'agir dès maintenant pour atténuer la crise du logement.
La situation actuelle autour des politiques de logement en Espagne met en lumière les profondes divisions au sein du gouvernement. Les tensions entre Sumar et le PSOE, ainsi que les critiques de Podemos, soulignent l'urgence d'une intervention significative pour répondre aux besoins des familles. Les prochaines décisions seront cruciales pour l'avenir du logement en Espagne.