
Jeudi, l’Assemblée nationale vénézuélienne a fait un premier pas vers l’adoption d’une loi d’amnistie générale. Cette loi, qui couvre les 27 ans de pouvoir chaviste, a été adoptée en première lecture. Cela survient un peu plus d’un mois après la capture de Nicolas Maduro lors d’une opération américaine. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a qualifié cet événement de très important pour le Venezuela.
Lors des débats, le député d’opposition, Tomas Guanipa, s'est montré optimiste. Il a déclaré que cette loi pourrait initier une étape historique pour le pays. L'objectif principal est d'instaurer un climat de reconnaissance mutuelle et de paix. Le texte sera à nouveau débattu mardi, en vue de son approbation définitive.
La loi d'amnistie vise à libérer tous les prisonniers politiques et à abandonner les poursuites à leur encontre. Elle couvre des accusations telles que le « terrorisme » et « la trahison », souvent utilisées pour emprisonner des opposants. Ce texte, intitulé « Loi d’amnistie pour la coexistence démocratique », pourrait également lever les inéligibilités imposées à de nombreux opposants.
Cette mesure pourrait bénéficier à María Corina Machado, cheffe de l'opposition, qui n'a pas pu se présenter à la présidentielle de 2024. Cependant, l’amnistie ne s'appliquera pas aux violations graves des droits humains commises durant les 27 années de gouvernement chaviste.
Delcy Rodriguez, qui collabore avec le président américain Donald Trump, fait face à des pressions importantes pour mettre fin à la répression. Des milliers d'opposants ont été emprisonnés. Le projet de loi souligne l’importance de ne pas imposer la vengeance et d'ouvrir la voie à la réconciliation.
Certains crimes, tels que les violations des droits de l'homme et la corruption, sont explicitement exclus de cette amnistie. Jorge Rodriguez, président de l’Assemblée, a exprimé le besoin de pardonner et de demander pardon, en mettant l’accent sur l'importance de la réconciliation.
Angel Godoi, un prisonnier politique libéré, a insisté sur la nécessité d'une liberté totale. Bien qu'il ait été libéré, il doit se présenter régulièrement aux autorités. Cela soulève des questions sur la véritable nature de la liberté pour les prisonniers politiques au Venezuela.
Depuis janvier, environ 350 prisonniers politiques ont été libérés, mais près de 700 restent incarcérés. Des familles continuent de camper devant les prisons, attendant la libération de leurs proches. Alfredo Romero, directeur de l’ONG Foro Penal, a souligné l’importance de ne pas transformer le processus de réconciliation en persécution.
La loi d’amnistie au Venezuela représente un moment crucial dans la quête de paix et de réconciliation. Bien qu'elle offre des espoirs pour les prisonniers politiques, des défis subsistent. La mise en œuvre de cette loi sera déterminante pour l'avenir du pays et la stabilité politique à venir.