
Le 1er mars, un morceau concret de la mobilité francilienne a changé de mains. Une soixantaine de lignes autrefois exploitées par la RATP ont été confiées, pour six ans, à de nouveaux délégataires : Transdev, RATP Cap Île‑de‑France et l’Italien Azienda Trasporti Milanesi (ATM). Les contrats sont signés, les bus roulent, mais l’effet pour l’usager reste discret.
Depuis le 1er mars, une soixantaine de lignes de bus d'Île‑de‑France ont changé d'opérateur. Pour les voyageurs, itinéraires, arrêts et fréquences ne bougent pas. Les différences se voient surtout sur le terrain : les conducteurs arborent désormais l’uniforme gris et bleu d’Île‑de‑France Mobilités (IDFM) et des terminaux de paiement par carte seront progressivement installés à bord.
Derrière ces gestes visibles, chaque opérateur a pris des responsabilités précises. Transdev reprend les lignes du dépôt du Mesnil‑Amelot, dont la ligne Express 9517 vers l’aéroport Charles‑de‑Gaulle. ATM a démarré l’exploitation de 18 lignes dans le sud des Hauts‑de‑Seine, desservant près de 2,2 millions d’habitants à Châtillon, Clamart ou Issy‑les‑Moulineaux ; l’entreprise emploie 785 personnes et gère 220 bus, un tiers d’entre eux fonctionnant au biogaz.
RATP Cap Île‑de‑France, elle, reprend la délégation « Massy‑Juvisy » : 19 lignes, 230 bus et 750 salariés concernés. Ces mouvements s’inscrivent dans un calendrier plus vaste préparé par IDFM : l’ensemble des 330 lignes de bus gérées par la RATP est désormais ouvert à la concurrence, et d’ici la fin de l’année douze lots restants doivent être attribués.
L'ensemble des 330 lignes de bus de la RATP est désormais ouvert à la concurrence. Déjà, le 1er novembre dernier, trois premiers lots — Marne et Brie, Bords de Marne et Boucles nord de Seine — avaient été transférés, soit près de 90 lignes. Selon Île‑de‑France Mobilités, les premiers retours sont « très encourageants » : la régularité des bus et la qualité de l’information voyageurs se sont améliorées, signes que l’ouverture à la concurrence pourrait réellement profiter au quotidien des Franciliens.
Concrètement, la bascule ne devrait pas chambouler les trajets mais elle change l’équation industrielle et environnementale : nouveaux opérateurs, nouveaux uniformes, paiements modernisés, et une part croissante de flottes au biogaz chez certains. Le vrai test viendra dans les prochains mois, quand les derniers lots seront attribués et que la généralisation des paiements par carte à bord aura commencé.