
Luck Mervil, 58 ans, a été condamné à deux ans de pénitencier pour une agression sexuelle commise il y a 25 ans. Le jugement a été rendu lundi matin par le juge James Rondeau au palais de justice de Rimouski, après plusieurs dizaines de pages expliquant pourquoi une peine de détention était « la seule peine appropriée ».
« Le délinquant a considéré la victime comme un objet à sa disposition qu’il pouvait utiliser à sa guise », écrit le juge dans sa décision. Le tribunal, précise encore le magistrat, croit la victime lorsqu’elle explique qu’elle « était sans défense et incapable de résister ». Le dossier avait été jugé lors d’un procès de quatre jours l’an dernier, qui a mené à la déclaration de culpabilité.
La victime, dont l’identité est protégée par ordonnance, avait 19 ans au moment des faits. Les gestes reprochés se sont déroulés la nuit de la fête de la Saint‑Jean‑Baptiste : elle était inconsciente et endormie dans une chambre d’hôtel après une soirée au bar où elle avait rencontré le musicien.
Elle affirme que Luck Mervil l’a droguée puis violée. C’est à la suite d’un reportage paru en 2018 que la plaignante a décidé de dénoncer, relève le juge, ajoutant qu’il faut « beaucoup de courage et de force aux victimes pour rouvrir certaines blessures ».
Pendant son témoignage, l’accusé a nié les faits et a soutenu qu’il y avait erreur sur la personne, allant jusqu’à insinuer que la plaignante l’avait confondu avec « un autre homme noir ». Le juge a rejeté cette thèse et a critiqué le comportement de l’accusé qui « se pose en victime de complot ». Un des rapports présentenciels indique que Mervil a tenté de relier ces accusations à un litige commercial avec un entrepreneur.
Au moment de la sentence, la défense, représentée par Me Véronique Talbot, avait demandé que la peine de deux ans soit purgée à domicile — une proposition refusée par la Cour. La procureure de la Couronne, Me Roxanne Bossé‑Morin, demandait pour sa part deux ans et demi de prison. Le juge Rondeau a finalement tranché pour deux ans de pénitencier, estimant qu’une peine restrictive de liberté ne répondrait pas à la gravité des faits ni à la protection de la société.
Ce dossier s’ajoute à des antécédents judiciaires : en 2018, Luck Mervil avait déjà plaidé coupable à une accusation d’exploitation sexuelle d’une adolescente. La condamnation de cette semaine marque une étape importante pour la victime, qui avait attendu plus de deux décennies avant de voir le système rendre une décision ferme contre son agresseur.