
À Seignosse, la découverte du nématode a été un véritable choc pour la communauté. Le maire, Pierre Pécastaing, souligne que les mesures prises ont été difficiles à vivre, bien qu'elles soient nécessaires. En novembre dernier, la présence de ce ver microscopique a été détectée pour la première fois en France, provoquant une réaction immédiate.
Ce nématode, transporté par un coléoptère, se développe dans la sève des arbres, empêchant leur circulation et entraînant leur étouffement. Les arbres peuvent rester porteurs sains ou mourir en quelques semaines. Classé comme organisme de quarantaine prioritaire par l'Union européenne, il a déjà causé des ravages au Portugal et en Espagne.
Les méthodes de lutte contre ce ravageur sont strictes et imposées au niveau européen. À Seignosse, tous les résineux situés dans un rayon de 500 mètres autour de la zone infestée devront être abattus d'ici le 15 février. Cela représente une surface de 61 hectares à couper, une décision difficile à accepter pour les habitants.
Pierre Pécastaing insiste sur l'importance de la forêt pour leur cadre de vie et leur attractivité touristique. Les coupes de bois sont habituelles, mais jamais à une telle échelle. L'avenir du massif des Landes de Gascogne est en jeu, ce qui rend la situation encore plus préoccupante.
Dans les Landes, l'abattage n'a commencé que le 5 janvier. Stéphane Viéban, directeur d'Alliance Forêt Bois, explique qu'il a fallu négocier un barème d'indemnisation juste pour les propriétaires forestiers. Ces derniers doivent gérer l'abattage, le transport et le traitement des arbres contaminés.
La coopérative forestière a dû s'adapter aux consignes strictes, notamment en obtenant un laissez-passer sanitaire pour chaque camion de bois. Les arbres doivent être traités dans l'une des cinq entreprises agréées pour éviter la propagation du nématode. Cela implique de chauffer le bois à 56 degrés pendant au moins 30 minutes.
Le syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest souligne les conséquences économiques de cette lutte sanitaire. Bien que les adhérents n'aient pas de pertes directes grâce à l'indemnisation, la situation est préoccupante pour le reste de la filière. Une grande quantité de bois, déjà achetée par les scieries, est bloquée en bord de parcelles depuis trois mois en raison d'un manque d'autorisations.
Nicolas Lafon, président du syndicat, alerte sur le calendrier. Fin mars, la zone tampon de 36 000 hectares sera à nouveau sous surveillance, interdisant tout travail durant la saison chaude pour une période de quatre ans. Cette mesure vise à protéger la forêt contre le coléoptère vecteur du nématode.
Actuellement, le foyer "zéro" reste limité aux 17 arbres contaminés à Seignosse. Bien que des prélèvements aient montré des résultats négatifs, il est crucial de ne pas baisser la garde. Des agents continuent d'inspecter la zone de 3 km autour de l'infestation, tandis que le reste de la zone tampon est surveillé par des moyens aériens.