
Jean‑Michel Aulas ne lâche pas l’affaire. Battu dimanche soir, l’ancien patron de l’Olympique lyonnais a annoncé qu’il déposera un recours pour « nombreuses irrégularités » lors du second tour des municipales à Lyon. Il refuse d’en dire plus publiquement, mais a répondu « oui » lorsqu’on lui a demandé s’il s’agissait d’irrégularités intentionnelles.
« Je prends acte de l’avance infime de Monsieur Doucet et tiens d’ores et déjà à exprimer mes réserves quant au résultat final du fait des très nombreuses irrégularités constatées », a-t‑il déclaré dans son discours de défaite. Depuis son QG, il a même lancé : « À l’heure actuelle, on ne sait pas qui a gagné Lyon », tandis que Grégory Doucet proclamait sa victoire devant ses militants.
Le recours sera déposé devant le tribunal administratif de Lyon avant vendredi 18h. Grégory Doucet a remporté la ville avec 2 762 voix d’avance.
Son équipe annonce un dossier circonstancié : la liste de « toutes les irrégularités relevées » sera jointe au recours et remise au tribunal d’ici la fin de la semaine. Le conseil municipal d’élection, étape formelle pour l’installation du nouveau maire, est prévu ce vendredi — ce calendrier rend la manoeuvre juridique particulièrement sensible : un dépôt avant la séance pourrait retarder la validation officielle.
Sur le terrain, Aulas n’a pas voulu détailler ses griefs devant la préfecture ou la presse. Ses déclarations, mesurées dans la forme mais fermes dans le fond, suggèrent qu’il veut ménager une stratégie judiciaire plutôt que lancer une bataille d’opinion immédiate. De leur côté, les partisans de Doucet accusent implicitement une tentative de contester un résultat acquis et réclament que la procédure suive son cours sans entrave.
Ce feuilleton juridique pourrait durer : un recours administratif ouvre une voie procédurale qui n’empêche pas, selon le droit commun, la tenue d’actes préparatoires, mais peut bloquer certaines validations si le tribunal le juge nécessaire. Pour l’instant, ni preuves publiques ni détails techniques n’ont été révélés, et l’enjeu reste politique autant que judiciaire.
Quoi qu’il arrive, la bataille pour Lyon bascule dans une nouvelle phase où le terrain électoral cède la place aux tribunaux. Les électeurs, eux, attendent une décision claire : confirmation de Doucet, annulation partielle du scrutin, ou longue contestation judiciaire. Le bras de fer commence officiellement cette semaine.