BUENODIA

Macron nomme l’ex-présidente du Louvre à un poste prestigieux

Emmanuel Macron lors d’une cérémonie officielle, avec l’ex-présidente du Louvre à ses côtés, à l’Élysée

Un départ annoncé et une nomination présidentielle

La direction du musée a changé mardi 23 février : après quatre ans et demi à la tête du Louvre, Laurence des Cars a remis sa démission et, quelques heures plus tard, le président Emmanuel Macron lui a confié une nouvelle mission. La porte‑parole du gouvernement, Maud Bregeon, a confirmé devant le Conseil des ministres que cette mission visait à piloter la « coopération des grands musées » dans le cadre de la présidence française du G7.

La déclaration officielle cherche à conjuguer deux objectifs : saluer un parcours et inscrire le départ dans une logique de continuité plutôt que de rupture. Au Palais, la nomination est présentée comme la manière la plus sûre de tirer parti de son « expertise scientifique incontestable » et de traduire la « confiance » que lui accorde le chef de l’État.

Pourquoi elle a choisi de partir

Dans un entretien accordé au Figaro, Laurence des Cars a expliqué que la dynamique de modernisation qu’elle porte depuis sa prise de fonction en septembre 2021 ne pouvait plus s’accomplir. Ainsi, rester reviendrait, selon elle, à gérer l’existant alors que le musée a besoin de poursuivre sa transformation.

En creux, elle pointe des obstacles internes : ses ambitions de réforme butent sur des résistances et des freins qui rendent la poursuite de son mandat vaine, d’après ses propres mots. De ce constat découle sa décision de quitter la direction pour conserver l’élan de ses projets sous une autre forme.

Un successeur nommé pour assurer la continuité

Le gouvernement a déjà choisi son successeur : Christophe Leribault, actuellement président du château de Versailles, a été nommé à la tête du Louvre en Conseil des ministres. La passation, voulue rapidement, doit éviter de laisser le musée sans gouvernance effective alors que plusieurs chantiers de modernisation restent sensibles.

Une mission qui take le Louvre au‑delà des murs

Le cadre international de la présidence française

La nouvelle mission s’inscrit dans un cadre résolument international : le G7 réunit l’Allemagne, le Canada, les États‑Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume‑Uni, et chaque année l’un de ces pays assume la présidence, fixe les priorités et organise les réunions préparatoires au sommet. Le prochain sommet se tiendra du 15 au 17 juin à Évian.

Transformer l’expertise muséale en diplomatie culturelle

Chargée de favoriser la coopération entre grandes institutions, Laurence des Cars devra traduire son expérience du Louvre en actions diplomatiques et culturelles concrètes. Il s’agira notamment de négocier des accords de prêt, de lancer des projets scientifiques communs et de partager des expertises conservatoires, tout en abordant des enjeux majeurs comme la restitution et la numérisation.

À l’Élysée, on attend d’elle qu’elle transforme un bagage technique et institutionnel en résultats visibles pendant la présidence française, autant sur le plan symbolique que sur celui des collaborations effectives entre musées.

Ce que ce repositionnement dit de la politique culturelle

La combinaison est claire : l’État recentre des compétences muséales sur un enjeu de rayonnement international, tandis que la directrice sortante quitte le siège du Louvre pour un bureau où l’influence se mesure autrement. Ainsi, la décision lie étroitement politique, diplomatie et conservation.

Quelle que soit l’issue de cette stratégie, la scène muséale française entre dans une nouvelle phase où les arbitrages institutionnels et les ambitions de modernisation devront cohabiter avec des logiques internationales plus affirmées.

En définitive, ce départ et cette réaffectation ouvrent une période d’observation : l’heure est à voir si le transfert d’une expertise de terrain vers la scène diplomatique produira les résultats escomptés pour les musées français et leurs partenaires.

Publié le : 26 février 2026
link