
Ce mardi 20 janvier, à Ville-sous-la-Ferté (Aube), une situation particulière s'est déroulée. Les élus ont accédé à un endroit tandis que la presse a emprunté un autre chemin. À peine quelques dizaines de mètres les séparaient, sans aucune interaction entre les deux groupes. Chacun a visité les lieux à tour de rôle, sans aborder les sujets sensibles du moment.
À l'ancienne maison centrale de Clairvaux, fermée depuis le 22 septembre 2023, l'objectif de cette visite était clair : il s'agissait d'une visite patrimoniale. Dans le grand cloître de cette ancienne abbaye cistercienne, devenue une institution pénitentiaire au début du XIXe siècle, les discussions sur les projets en cours ont été évitées.
Le projet de restauration à Clairvaux représente un investissement de 60 millions d'euros, le plus important actuellement en France. À ce jour, 40 millions d'euros ont déjà été engagés pour ce chantier. Quatre opérations de restauration sont menées simultanément, avec une livraison prévue pour fin 2028. Ces travaux concernent les quatre ailes de la structure, ainsi que le bâtiment des cuisines.
La visite récente avait pour but de rassurer les élus, inquiets des avancées des travaux. En mi-décembre 2025, Franck Leroy, président de la Région Grand Est, a exprimé des préoccupations concernant le manque d'informations sur les travaux. Il a demandé l'arrêt des opérations en cours pour éviter des destructions risquant d'affecter l'avenir économique et culturel de Clairvaux.
Selon Isabelle Chardonnier, directrice régionale des Affaires culturelles du Grand Est, les destructions à Clairvaux ne toucheront que l'entresol de l'aile sud. Les murs d'enceinte et les cellules individuelles, connues sous le nom de cages à poules, resteront intacts. Ces cellules, d'une superficie de 3 m², ont été en service jusqu'au début des années 1970.
Elle souligne que le grand cloître a une histoire riche, avec 700 ans d'histoire religieuse et 200 ans d'occupation pénitentiaire. La restauration vise à assurer la sécurité du bâtiment tout en témoignant de la diversité de son histoire à travers les siècles. Environ 85 % des travaux consistent à protéger le bâtiment, tandis que 15 % visent à restituer son état du XVIIIe siècle.
Les élus auront l'opportunité de suivre l'évolution des travaux de près. Une réunion et une visite de chantier sont prévues tous les trois mois. D'ici 2028, des réflexions sur la reconversion du site continueront. Isabelle Chardonnier indique qu'il est essentiel de collaborer avec tous les partenaires et collectivités territoriales.
Clairvaux, avec ses 33 hectares et 30 monuments historiques, ne sera pas destiné à un usage unique. Cette remarque est particulièrement pertinente, surtout après l'évocation d'une réouverture de prison à Clairvaux. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, envisage également l'ouverture d'une seconde école pénitentiaire en France.
En somme, la situation à Clairvaux est complexe, mêlant restauration et projets futurs. Les élus, tout comme les responsables culturels, s'engagent à préserver l'histoire tout en réfléchissant à l'avenir du site. La collaboration entre toutes les parties prenantes sera cruciale pour garantir que Clairvaux conserve sa mémoire tout en s'adaptant aux besoins contemporains.